Régions Développement

« Saint-Nazaire doit devenir une destination touristique »

Les spéculations autour de la reprise des chantiers navals STX par l’italien Fincantieri n’empêchent pas la deuxième ville de Loire-Atlantique d’envisager sereinement son avenir. David Samzun, maire (PS) de Saint-Nazaire et président de la communauté d’agglomération (Carène) détaille les projets visant à renforcer l’attractivité de ce territoire qui mise autant sur l’industrie que sur le tourisme.

M : Vous vous inscrivez dans la lignée de Joël Batteux, dont vous avez été l’adjoint à l’urbanisme, mais quelles sont vos différences ?

Nous avons conservé la méthode du « projet global de développement », qui était une planification de nos politiques. Dans ce projet, il y a le dur comme l’urbanisme, mais nous y avons intégré les politiques publiques (jeunesse, sécurité, social, culture… ). Ce projet, c’est le contrat passé avec la population et nos services.

M : Pour quel niveau d’investissement ?

Par an, il faut compter en moyenne 20 millions d’euros pour la ville, 45 millions pour l’agglomération et 58 millions pour Silène, le bailleur social nazairien que je préside, soit un total de plus de 120 millions d’euros. Si on y ajoute les investissements des grands donneurs d’ordre privés du territoire, cela représente 1,3 milliard d’euros la même période.

M : Quels sont les principaux projets publics ?

Certains, lancés lors du précédent mandat, seront livrés en 2017 comme le nouveau centre aquatique ou le transfert de la salle Jacques-Brel dans l’alvéole 12 de la base sous-marine. D’autres vont enfin pouvoir démarrer comme le projet gare. La discussion avec la SNCF et RFF a été compliquée, mais les travaux commenceront au deuxième trimestre pour une livraison début 2019. Sur l’îlot « station-service » voisin, une consultation de promoteurs a été lancée pour un hôtel, 6 000 m2 de bureaux et 40 logements. Je souhaite un geste architectural fort !

Nos efforts portent aussi sur la redynamisation du centre-ville qui a fait l’objet d’une convention unique en France avec la Caisse des dépôts. Et puis, il y a la troisième phase des travaux du front de mer avec l’aménagement de la place du Commando [NDLR : par Topos et Phytolab]. Les travaux ont démarré, et les espaces publics seront livrés pour la fin de l’année. Les commerces, dont les candidatures sont à l’étude, s’installeront de décembre 2017 à mars 2018. Je souhaite que ce lieu fonctionne de 8 h à 4 h du matin, que cette place soit un quartier de destination pour faire la fête. En revanche, un projet ne verra pas le jour : celui du centre d’interprétation de la Loire qui devait s’installer dans l’ancienne usine élévatoire.

M : Pour quelles raisons ?

L’ensemble de l’investissement était porté par la région qui devait aussi assurer 60 % du fonctionnement. Or, la nouvelle majorité régionale le remet entièrement en cause. C’est son droit, mais dans ce cas, la région doit de l’argent à la Ville car il s’agissait des fonds de l’Erika que nous n’avons pas touchés. Par ailleurs, la région est propriétaire de ce patrimoine unique et devra, au minimum, l’entretenir.

M : Tous ces projets sont en rupture avec l’image industrielle de la ville…

Saint-Nazaire est identifié, à juste titre, comme une ville industrielle. Avec le Grand Port maritime, l’État, les collectivités locales, la chambre de commerce, les acteurs industriels, etc. , nous faisons le nécessaire pour optimiser la zone industrielle et portuaire avec notamment le déplacement du boulevard des Apprentis. Mais nous avons aussi la volonté de devenir une destination touristique. Non pas une station balnéaire, mais une ville de bord de mer agréable à vivre grâce à sa politique culturelle, sa centralité, les mobilités, etc. Saint-Nazaire a été marqué par la seconde guerre mondiale, la base sous-marine a été intégrée au projet Ville-port et, aujourd’hui, nous cherchons à obtenir le label Ville d’art et d’histoire.

A l’horizon 2023, nous travaillons sur la création d’un port de plaisance près de la base sous-marine, sur le site des frigos Steff qui vient d’être démoli. La plaisance, c’est une autre image mais aussi une diversification économique. Je suis né dans cette ville et je n’ai jamais vu une situation comme la nôtre. Avec les chantiers navals, nous avons une visibilité à dix ans. Je ne comprends pas le bashing nazairien. C’est maintenant qu’il faut construire, qu’il faut surfer la vague.

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