Enjeux

Saint-Denis Pleyel, future gare olympique

Mots clés : Gares, aéroports

Conçue par Kengo Kuma, la station desservira le village des athlètes, le Stade de France et le centre aquatique.

L’attribution officielle n’interviendra que le 13 septembre à Lima (Pérou). Mais il semble désormais acquis que Paris organisera les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Dans le dispositif retenu pour accueillir cet événement planétaire, la gare de Saint-Denis Pleyel (Seine-Saint-Denis), implantée en bordure ouest du faisceau ferré Nord-Europe, jouera un rôle décisif. Elle desservira trois sites olympiques, situés de part et d’autre du sillon ferroviaire : le village des athlètes d’un côté (en rive ouest), le Stade de France et le futur centre nautique de l’autre. Quatre lignes (14, 15, 16 et 17) du Grand Paris Express s’y croiseront, en correspondance avec la ligne 13 du métro et le RER D. Avec une fréquentation quotidienne estimée entre 250 000 et 300 000 voyageurs, elle sera la gare la plus importante du réseau.

Sa conception a fait l’objet d’un concours d’architecture remporté en novembre 2014 par Kengo Kuma, également chargé de la maîtrise d’œuvre du stade olympique de Tokyo. Point commun entre les deux équipements : la présence de la verdure et l’utilisation du bois. « Comme dans toute mon architecture, j’ai senti le besoin de réintroduire la nature en ville », a déclaré l’architecte japonais, le 5 juillet, lors d’une conférence à la Maison de l’architecture en Ile-de-France.

Neuf niveaux. Imaginée comme une colline, la gare comptera neuf niveaux (dont quatre souterrains). Un jeu de rampes inclinées fragmentera horizontalement la façade pour éviter tout effet de monumentalité. Le bois se déclinera aussi bien à l’extérieur (lames en chêne verticales en façades pour filtrer la lumière) qu’à l’intérieur (lames en mélèze suspendues au plafond ou habillant les parois). Le bâtiment s’organisera autour d’un puits de lumière naturelle. La lumière du jour, « acteur le plus important du projet » selon l’architecte, pénétrera ainsi jusqu’au niveau – 3, où prendra place une vaste salle d’échanges par laquelle transiteront près de 80 % des voyageurs.

Particularité, la gare abritera un espace culturel de 5 000 m2 . « Nous avons réuni un groupe de réflexion autour du philosophe Thierry Paquot pour définir ce que pourrait être ce lieu, équipement à la fois métropolitain et de proximité », indique Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP).

Alors que le permis de construire est en cours d’instruction, les travaux préparatoires viennent de démarrer sur le site. Le chantier de génie civil débutera l’an prochain pour une livraison fin 2023 ou début 2024 au plus tard, statut olympique oblige.

La construction de la gare s’accompagnera de la création d’un ouvrage de franchissement des voies ferrées, d’une largeur de 300 m à cet endroit. A minima , la SGP réalisera une passerelle (20 M€) pour assurer la connexion avec le RER D. Les élus de Plaine Commune défendent un projet plus ambitieux couplant pont routier et passerelle (architecte : Marc Mimram), estimé à près de 100 M€. L’organisation des JO devrait faciliter le financement de cet ouvrage, qui garantirait une liaison simple et rapide entre trois sites olympiques majeurs.

Maîtrise d’ouvrage : Société du Grand Paris. Maîtrise d’œuvre : Egis (génie civil), Kengo Kuma & Associates (architecte mandataire), LTA (économiste), AC&T Paysage (paysagiste), 8’18” (éclairagiste), Peutz & Associés France (acousticien), AIA Studio Environnement (HQE), RFR (ingénieur façade), Vulcanéo (SSI). Début des travaux de génie civil : 2e trimestre 2018. Livraison : fin 2023.

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