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Saint-Amand-les-Eaux Prouesse technique aux pieds d’une vieille dame

Mots clés : Conservation du patrimoine - Culte

La seconde tranche des travaux de la tour de Saint-Amand-les-Eaux traverse une phase technique délicate. Sous la conduite de Vincent Brunelle, architecte en chef des monuments historiques, ces travaux sont menés par un groupement réunissant Chevalier Nord, MCCM et SRMH. Une véritable prouesse technique est en cours : la restitution d’une perspective ajourée dans la partie centrale, où six colonnes décalées comme un retable formaient un tableau. Dès l’origine, le vide entre les colonnes avait été comblé suite à un tassement de l’édifice. Il a été décidé de restituer la perspective en substituant aux piles de pierre des jambes en acier, qui seront rhabillées pour supprimer les remplissages. Cet exercice a nécessité un étaiement particulier confié à Tollis, et le remplacement d’une pile à la fois après coulage d’un sommier de béton. Les piles en fer sont goujonnées jusqu’à deux mètres dans la maçonnerie et scellées à la résine. Pour Noël, le public devra découvrir l’édifice comme sans doute personne ne l’a vu.

Construite en 1640

Et les visiteurs, qui connaissent Saint-Amand-les-Eaux pour sa station thermale et son casino, pourront admirer cette étrange tour, seul vestige d’une imposante abbaye bénédictine qui se dressait au cœur de la ville jusqu’à la Révolution. Haute de 82 mètres, elle a été construite en 1640 par l’abbé Nicolas Dubois, qui est sans doute allé chercher son inspiration du côté de l’Italie. Car, alors que la Vieille Bourse de Lille, bâtie dans les mêmes années, est flamande, celle de Saint-Amand-les-Eaux est baroque, avec cependant une exubérance iconographique qui la rattache à la Flandre. Enorme pièce montée sculptée, étageant sur cinq niveaux tous les ordres, réalisée en pierre d’Avesnes-le-Sec, elle avait souffert des intempéries mais surtout des pollutions acides.

Il a fallu des années pour boucler le montage financier qui a permis sa restauration en deux tranches. La première a porté sur les deux tourelles et la partie sommitale. Lancée en 2002, confirmée en 2003, elle a duré trois ans et a coûté 3,9 millions d’euros (25 % l’Etat, 25 % le conseil général, 24 % le conseil régional, 4,5 % le Feder et 21 % la commune). Il s’agissait de restituer le programme de sculptures. Deux artistes se sont relayés, Stopin, pour la tour nord, et Pyzik pour le reste. La seconde tranche a été lancée en 2006, confirmée en 2007 pour un chantier prévu jusqu’en 2010 et 4,7 millions, répartis en trois parts égales entre l’Etat, le conseil général et la commune.

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