Régions

Saint-Amand-les-Eaux Des projets jusqu’en 2025

Mots clés : Collectivités locales - Conservation du patrimoine - Culte - Manifestations culturelles

Le maire, Alain Bocquet, veut faire de sa ville un centre thermal de référence pour l’Europe du Nord. La restauration de la tour abbatiale serait une première étape indispensable.

Sur 3 500 panneaux publicitaires, la France découvre en ce moment une image penchée de la tour abbatiale de Saint-Amand, chef-d’oeuvre insolite de l’architecture baroque du XVIIe siècle, dont la friable pierre gélive se délite dramatiquement. Cette campagne de sensibilisation des pouvoirs publics et collectivités locales n’est que l’un des dossiers initiés par Alain Bocquet, maire de Saint-Amand, qui vient de rendre publics les multiples projets qu’il entend développer pour transformer cette ville de 17 000 habitants en un grand centre touristico-ludique.

Les fonds européens (objectif 1), encore accessibles jusqu’à la fin de l’année, ont été sollicités. C’est le cas pour la restauration de la tour abbatiale classée monument historique, qui est estimée à près de 70 millions de francs. Mais il faut que l’Etat s’engage et apporte environ 15 millions, ce qui n’est pas encore acquis, en dépit des déploiements publicitaires saint-amandinois.

Le lifting de la tour est pourtant un corollaire indispensable à un autre projet, déjà bien avancé, celui de la réalisation d’un pôle culturel, les Jardins de l’abbaye, dans le parc situé derrière la tour. Il se composera du théâtre, restauré et redoté d’une salle à l’italienne de 350 places, d’une salle de spectacle polyvalente et d’une médiathèque. L’agence d’architecture Copin-Parent (Valenciennes) est en train d’élaborer l’APD.

On estime que les subventions, européennes et autres, couvriront environ 70 % du projet, évalué à 55 millions. Là encore, l’aval du ministère de la Culture est indispensable. La municipalité met la dernière main à un dossier de projet culturel qui devrait déclencher la subvention Etat, laquelle conditionne les subventions du conseil général, acquises de principe, et surtout celles de l’Europe. Et les travaux devraient être lancés avant la fin de l’année.

Ces projets culturels ne sont que l’un des éléments du projet global de transformation de la ville tel qu’il a été défini grâce à une étude lourde réali- sée par une équipe composée d’un BET, Berim, de CRE.ER, une structure d’études dépendant du groupe Hainaut Immobilier, et Luc Demolombe, architecte spécialiste du développement thermal.

Saint-Amand, unique ville thermale du nord de la France, s’est ainsi découvert un avenir dans le « thermoludisme ». Dès à présent, la Chaîne thermale du soleil, qui a repris les thermes de Saint-Amand, sur le site dit de la Croisette, envisage de doubler sa capacité sur les 7 hectares classés en site « hydrominéral », et notamment de créer des hébergements. Ce qui suppose que le casino (groupe Partouche) soit délocalisé en centre-ville, donc que l’ensemble du territoire communal soit sous statut « hydrominéral », dossier dont Alain Bocquet s’est emparé avec beaucoup d’énergie et qui pourrait aboutir bientôt.

Enfin, et surtout, il est question de créer un nouveau complexe thermal en bordure de la Scarpe, à proximité du centre ville, destiné à une clientèle de l’Europe du Nord, attirée par le thermoludisme (non médical). La ville a la maîtrise des terrains. Plusieurs investisseurs seraient intéressés. Un cahier des charges précis va être rédigé, et un concours organisé pour « trier les prétendants ».

Pour accompagner ces projets privés, il faudra requalifier la ville (axe vert entre le nouveau complexe thermal et la forêt, mise en valeur de la Scarpe, réaménagements des places, plan lumière, nouveau pont sur la Scarpe…). Le tout ne se fera pas en un jour, mais en vingt-cinq ans, selon Alain Bocquet, qui précise que la ville peut investir 40 millions par an, sans modifier la pression fiscale.

La concrétisation de l’ensemble de ces projets suppose que les partenaires naturels, Etat, région, département, en apportent autant, au moins pendant dix ans. Réponse, par- tielle, dans le prochain contrat de Plan.

DESSIN : Vue depuis la tour abbatiale. La composition orthogonale du futur centre culturel s’appuie sur les traces de l’enceinte du potager de l’abbaye.

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