Technique et chantier

Route Un nouvel enrobé silencieux

Mots clés : Pollution sonore - Réseau routier - Travail

«Le Nanosoft produit huit fois plus de silence. » L’argument de vente flirte avec l’absurde mais testé sur le circuit Jean-Pierre-Beltoise, à Trappes (Yvelines), le contraste sonore est notable entre ce revêtement mis sur le marché en 2007 et un béton bitumineux très mince traditionnel (type BBTM 0/10). Une grosse berline passe sans qu’il soit nécessaire au spectateur d’élever la voix pour poursuivre sa conversation.

La réduction de bruit mesurée est de 9 dB (A), soit une puissance sonore huit fois moindre. Alors que les citadins français considèrent le bruit comme la principale nuisance et que le Grenelle de l’environnement souhaite voir résorbés les points noirs sonores terrestres d’ici à sept ans, ce type d’enrobé paraît une solution intéressante pour les axes à fort trafic des grandes villes et leurs riverains.

Moins de bruit et plus d’adhérence

Le bruit généré par un véhicule a deux origines : le moteur, et le contact entre le pneu et la chaussée. A faible allure, c’est le moteur qui produit le plus de décibels. Vers 50 kilomètres/heure, les deux sources s’équivalent, et au-delà, c’est le bruit de roulement qui prédomine. Ce dernier a lui-même deux causes : le choc cinétique entre le pneu et le bitume, et le phénomène de ventouse (air-pumping) entre le pneu et les petites cavités de surface. Les élastomères contenus dans le liant du Nanosoft et sa faible granularité (0/4 mm) luttent contre ces deux phénomènes.

Colas revendique également pour son nouvel enrobé une bien meilleure adhérence due, elle aussi, à la faible granularité. A 90 km/h, la distance de freinage est raccourcie de 30 %. Autre caractéristique, les microvides au sein de l’enrobé ne communiquent pas. Ces cavités ne se bouchent donc pas (au contraire d’un enrobé drainant) et garantissent au revêtement des propriétés phoniques sur le long terme.

Le béton bitumineux mince qu’est le Nanosoft peut s’appliquer sur une chaussée existante sur une épaisseur de 25 à 40 millimètres. Le surcoût lié à son utilisation, selon Colas, est de l’ordre de 2 euros par mètre carré, soit entre 20 et 40 euros par mètre linéaire de chaussée par rapport à un enrobé classique. Plusieurs villes comme Lille, Tours et Dijon, ont d’ores et déjà sauté le pas pour en équiper leurs ­boulevards.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Vous êtes intéressé par le thème Règles techniques ?
  • Découvrez les Cahiers Techniques du Bâtiment
    Le magazine qui traite des innovations produits, des évolutions techniques et de l’actualité règlementaire dans tous les corps d’états.
    Voir le site

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X