Architecture Aménagement

Retour aux sources pour le jardin Malraux

Mots clés : Musées - galerie

A Lyon, l’ancien verger est venu agrandir le parc des Hauteurs. Pour alimenter ses fontaines, une galerie gallo-romaine a été restaurée.

Avec le jardin André-Malraux, une nouvelle ramification est venue s’ajouter l’été dernier au parc des Hauteurs, qui surplombe Lyon depuis la colline de Fourvière. Le principe de ce vaste parc municipal est de combiner les terrains. Sur le sommet et les pentes de la colline, voici deux décennies que la communauté urbaine – devenue métropole – et la Ville étendent une trame d’espaces paysagers. Les connexions créées permettent aux habitants de traverser une partie du Ve arrondissement sur un chemin vert.

Réaménagements de jardins anciens ou créations ex n ih il o se sont ainsi succédé depuis 1993. De grands paysagistes et des agences renommées ont été sollicités : Michel Desvigne et Christine Dalnoky, Pascal Cribier, Ilex, In Situ, Michel et Ingrid Bourne, Tim Boursier-Mougenot, Big Bang… Le jardin André-Malraux, lui, est l’œuvre de Jean-Baptiste Lestra. Il a été réalisé à partir d’un délaissé de 2 200 m2 , coincé entre la station de funiculaire de la rue de l’Antiquaille et la montée du Chemin-Neuf.

Le lieu abritait un ancien verger et était bordé, au sud, par une portion du vénérable mur en pierres dorées clôturant l’hôpital désaffecté de l’Antiquaille. Au nord, constructions nouvelles et réhabilitations d’architectures hospitalières, remontant pour certaines au XVIIe siècle, ont donné naissance à un nouveau pan de ville, où Ilex avait développé un réseau de cheminements piétons végétalisés. Le jardin André-Malraux se greffe sur ces cheminements, par lesquels il est possible d’aller vers la basilique Notre-Dame de Fourvière.

Côté funiculaire, il suffit de traverser la rue pour gagner le site des théâtres gallo-romains, où un riche peuplement d’arbres anciens accompagne le promeneur en direction du musée gallo-romain et du jardin des Quatre-Vents. Lieu urbain, le jardin offre en même temps des ambiances intimes. Un écran de tilleuls existant porte ombrage par le sud. A ses pieds, Jean-Baptiste Lestra y a disposé une palette végétale de sous-bois, euphorbes, hortensias, lauriers épurge, etc.

A chaque balcon son atmosphère. Le paysagiste a repris les trois étages structurant la forte déclivité du site (20 % en moyenne) : deux terrasses en partie haute, qui dominent le verger pentu. A chacun s’associe désormais une atmosphère propre. La terrasse coiffant le tunnel du funiculaire a été transformée en jardin sec. Un revêtement d’ensemble en concassé de pierres dorées et de comblanchien reçoit des arbustes et plantes basses frugales en eau, afin de ne pas endommager la voûte du tunnel par des arrosages trop intenses. La seconde terrasse, tapissée de sable, fait se répondre aux extrémités deux fontaines sculptures, agrandissements d’effigies de divinités gallo-romaines mises au jour aux environs. Les deux rigoles émanant de ces fontaines courent jusque dans le verger, remodelé en amphithéâtre. Elles y délimitent le motif central engazonné, dont l’ellipse embrasse le chêne chevelu conservé.

Dans le jardin sec se situe le puits d’accès à une des galeries drainant la colline, dont certaines datent de l’époque romaine. Jean-Baptiste Lestra a pu convaincre la Ville d’alimenter les deux fontaines avec l’eau pure puisée 30 mètres sous terre. Pareille opération, inédite à Lyon, a demandé de restaurer un point endommagé de la galerie, dont l’effondrement aurait pu se répercuter jusqu’en surface. C’est ainsi une plongée vers les origines antiques de la cité qu’accomplit le jardin Malraux.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lyon. Maîtrise d’œuvre : Jean-Baptiste Lestra, paysagiste (Itinéraire Bis). BET : Symbiose (VRD).

Principales entreprises : Green Style (aménagements paysagers), Hydatec (fontainerie), Ducaroy Grange (fontaines sculptées), Gantelet-Galaberthier (maçonnerie), Munoz (serrurerie). Surface : 2 200 m2 . Coût des travaux : 600 000 euros HT (1 million d’euros HT en incluant les études et le confortement de la galerie de drainage).

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