Autres

Restauration du temple-cathédrale de Pozzuoli : éloge du palimpseste

Mots clés : Culte - Établissements de culte, funéraire

À proximité de Naples et du Vésuve, dans un secteur de tout temps très éprouvé par les phénomènes de bradyséisme, l’incendie accidentel de la cathédrale de Pozzuoli a révélé, en 1964, l’existence d’un temple antique au cœur des maçonneries. Lancés au lendemain du sinistre, les premiers travaux de restauration sont suspendus en 1972. Un concours international pour la mise en valeur des vestiges est remporté en 2003 par l’équipe de Marco Dezzi Bardeschi. Rendu au culte, l’édifice vient enfin d’être inauguré.

On admet aujourd’hui que la première mise en valeur du Rione Terra – ancien quartier de Pozzuoli en promontoire sur la mer – remonte à l’installation d’une colonie romaine en 194 av. J.-C. Caractérisé par ses deux axes perpendiculaires, le modèle du castrum y est fortement conditionné par le relief escarpé du site. En dépit de plusieurs déplacements successifs du port, le Rione est habité jusqu’au IIe siècle de notre ère, époque où les phénomènes de bradyséisme – alternance de montée et de baisse au niveau du sol – provoquent l’abandon de plusieurs secteurs de la ville.

À la fin du IVe siècle, les invasions barbares et l’immersion progressive du littoral poussent les habitants à quitter la ville basse et à s’installer sur l’acropole. Ceinte de murailles, celle-ci devient une place forte, qui prospère tout au long du Haut Moyen Âge. Le temple est alors transformé en cathédrale. Le remplissage des entrecolonnements, l’adossement des premières chapelles au péristyle et l’ouverture de la cella pour abriter le chœur semblent dater de la fin du XIIIe siècle. À la fin du Quattrocento, seule la façade nord demeure relativement intacte. L’abandon de la ville après le tremblement de terre de 1538 et le surgissement d’une véritable montagne – le monte Nuovo – conduisent les autorités à lancer la reconstruction du Rione Terra. Les rues nouvelles pratiquées à l’aplomb des ruines nivelées vont entraîner un bouleversement de la trame romaine.

Au début du XVIIe siècle, la décision de reconstruire la cathédrale à neuf induit une nouvelle altération du temple. À l’issue des travaux, la mémoire de l’édifice augustéen devenu baroque tient dans la présence visible de cinq chapiteaux et d’une portion d’architrave.

En mars 1970, en raison d’importants mouvements de terrain, le Rione Terra est évacué d’urgence. Cinq ans plus tard, un concours national est lancé pour le réaménagement et la conservation du lieu. Le projet lauréat présenté par l’équipe d’Aldo Loris Rossi repose sur l’hypothèse que le Rione est une mégastructure naturelle et artificielle, un tout à la fois archéologique et architectural. En 1964, l’épisode de l’incendie avait causé l’éboulement d’une grande partie des maçonneries baroques de la cathédrale et la réapparition inopinée de la structure antique. Chargé du projet de restauration du monument, l’architecte Ezio De Felice entreprend de libérer...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 237 du 18/11/2014
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X