Technique et chantier

Résidentiel Une équipe soudée au chevet de la Fondation Avicenne

Mots clés : Accessibilité - Acier - Architecte - Architecture - Conservation du patrimoine - Gros oeuvre - Produits et matériaux - Rénovation d'ouvrage

Edifice emblématique de la Cité universitaire de Paris, l’ex-Maison de l’Iran est à reconstruire. Si l’enveloppe et les aménagements intérieurs ont mal vieilli, l’ossature métallique s’avère d’attaque pour un nouveau projet.

Dernier bâtiment à avoir vu le jour dans l’enceinte de la Cité internationale universitaire de Paris, en 1969, la Maison de l’Iran (aujourd’hui Fondation Avicenne) a mal résisté aux outrages du temps. Inoccupée depuis plus d’un an, l’œuvre avant-gardiste de Claude Parent, caractérisée par une imposante ossature métallique, est dans l’attente des financements nécessaires à sa réhabilitation. « L’avant-projet détaillé a été déposé en mai dernier, mais rien n’est encore fixé pour le début des travaux », indique l’architecte Gilles Béguin, chargé de l’intervention. Spécialiste de l’acier, avec plusieurs péages autoroutiers à son actif, son agence (Béguin et Macchini) a été retenue sur une « note d’intention » et une méthodologie de travail. « Pour cette restructuration, j’ai souhaité la constitution d’un collège d’experts comprenant Claude Parent, pour qui j’ai travaillé au début de ma carrière », précise l’architecte. Objectif : élaborer un projet respectueux de l’œuvre – en cours d’inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques –, mais un projet techniquement remis au goût du jour et en même temps viable au plan économique. Pour une meilleure rentabilité, la résidence verra ainsi sa capacité d’accueil notablementaugmentée par la création de chambres doubles (20 m2 environ)pour couples ou colocataires.

« Hormis le déplacement de 50 cm de la façade principale, justifié par le gain d’espace, l’édifice conservera son aspect extérieur, insiste Vincent Mallard, directeur du patrimoine de la Cité. Mais le coût de l’opération, estimé entre 18 et 20 millions d’euros, dépassera celui d’une résidence neuve. »

Un petit Jussieu

A elle seule, l’élimination du plomb, présent dans les peintures notamment, et de l’amiante incorporé dans les façades, les garde-corps, les cloisons ou encore les joints pèsera plus de 2 millions d’euros. « C’est d’un petit Jussieu (38 m de haut) dont nous parlons, et nous n’avons d’autre choix qu’un déshabillage complet pour le traiter. Il nous faut revenir au squelette métallique originel, mais celui-ci est dans un excellent état de conservation », observe Gilles Béguin.

Constituée de trois portiques espacés de 14,50 mètres, auxquels les chambres viennent se suspendre en deux boîtes superposées de quatre plateaux, la macrostructure a été remarquablement bien construite. Par endroits, l’entreprise CFEM avait même utilisé des aciers de nuances et d’épaisseurs supérieures à celles prévues sur les plans… « Après reprise des plans et relevés sur site, la modélisation de la charpente réalisée par notre bureau d’études métal Jaillet-Rouby a montré que les contraintes subies dans les caissons des portiques, les poutres des planchers et les suspentes notamment sont très éloignées des contraintes admissibles », se félicite l’architecte. Et hormis le célèbre escalier extérieur en spirale, les parties métalliques de l’édifice sont très peu corrodées.

Bref, une fois réaménagé et mis en conformité avec les normes de sécurité incendie (respect des distances par rapport au noyau, renforcement de certaines structures, utilisation de peintures intumescentes…) et de confort actuelles, l’édifice sera parfaitement apte à une seconde vie.

« L’amiante-ciment des façades sera remplacé par des panneaux de fibre-ciment sans amiante. L’isolation thermique sera largement revue à la hausse, de même que les performances acoustiques (système masse-ressort-masse), cruciales pour un immeuble aussi proche du boulevard périphérique », explique Vincent Mallard. Un important travail est également programmé sur les cloisons séparatrices intérieures (une vingtaine de dB de mieux), sur la qualité de l’air intérieur (ventilation double flux) et sur l’accessibilité des personnes handicapées (remplacement et agrandissement des ascenseurs). Tout cela dans le souci permanent de ne pas alourdir l’édifice dans des proportions qui obligeraient à reconsidérer les fondations… Une hypothèse catégoriquement écartée par la maîtrise d’ouvrage.

Maître d’ouvrage : Cité internationale universitaire de Paris.

Architectes concepteurs : Claude Parent, Moshen Foroughi, Heydar Ghiaï et André Bloc (plasticien).

Architectes de la rénovation : SCP Béguin et Macchini.

BET associés : Jaillet-Rouby (structure métallique), Sotec (structure béton et fluides), Némo-K (façades), Gamba (acoustique).

Economiste : DJ AMO.

Bureau de contrôle : Socotec.

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