[TO] Règles techniques

Rénover les terrasses en aidant à la gestion de l’eau

Mots clés : Eau - Rénovation d'ouvrage

-Une campagne de mesures quantifie les capacités de rétention des eaux de pluie des terrasses végétalisées.

L’intérêt porté à la terrasse végétalisée, depuis que le concept existe, est d’abord dû à son faible poids, à l’animation qu’il apporte, avec le changement de couleur des sedums au cours des saisons…, et à sa relative économie. Ce type de terrasse apporte pourtant, dans certains cas, un autre avantage qui relève de ses capacités à retenir les eaux de pluie, et notamment les eaux d’orage. L’entreprise Smac Acieroïd a récemment fait tester son procédé par le Centre expérimental de recherches et d’études du BTP (CEBTP), et les résultats sont éloquents. D’où l’idée de proposer ce concept pour la rénovation des hectares de terrasses gravillonnées qui existent en France.

« En règle générale, le toit n’a pas de fonction p, explique Michel Netter, directeur technique de la société. Ses seules fonctions sont l’étanchéité, la récupération et l’évacuation de l’eau de pluie. Nous avons eu l’idée de comparer trois types de toitures (les terrasses autoprotégées, les terrasses gravillonnées et les terrasses végétalisées), et d’étudier leur comportement vis-à-vis de la rétention.

Un lissage de la première précipitation

La France a été divisée en trois zones de pluie, du nord au sud. Sur une terrasse expérimentale de 56 m2 du site de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, le CEBTP a reconstitué les précipitations moyennes de l’orage décennal de ces trois régions. Il faut noter que la terrasse végétalisée n’était pas encore plantée, elle ne comportait que le système bac-écran-terre ; ce qui la défavorisait puisque les racines n’avaient pas encore percé le filtre. »

Les résultats qui figurent sur les graphiques ci-contre montrent d’abord que le pic habituel de la première pluie d’orage est totalement ou presque absorbé par la terrasse végétalisée, tandis qu’il est presque entièrement rejeté par la terrasse autoprotégée, moins par la terrasse gravillonnée aux capacités de rétention réduites mais réelles.

Par la suite, les comportements des terrasses gravillonnées et des terrasses végétalisées sont assez proches, surtout dans les zones I et II où les précipitations sont les moins denses. « En zone III, explique Christophe Acolat, ingénieur des techniques horticoles et du paysage, responsable du développement de Tecflor chez Smac Acieroïd, on distingue les remplissages successifs des bacs par les pics irréguliers de déversement. »

A des avantages thermiques et acoustiques qui ne sont pas encore mis en valeur, les promoteurs de la terrasse végétalisées veulent ainsi ajouter la régulation des eaux de pluie, mais il leur reste à en apporter la preuve. « Les résultats obtenus n’ont de signification qu’avec le système Tecflor, précise Christophe Acolat. Les systèmes qui n’utilisent pas le même principe de réserve d’eau dans des bacs plastiques, mais exploitent les propriétés de substrats en argile ou autres, doivent aussi faire l’objet d’expérimentations. Ils présentent certainement des avantages, mais nos mesures ne peuvent pas être transposées. »

« Pourtant, ajoute Michel Netter, compte tenu du faible coût de la végétalisation des terrasses (environ 270 francs le mètre carré), du fait que cette transformation ne nécessite aucune modification du support en raison du faible poids de l’ensemble, les avantages de ces systèmes – et surtout, pour les municipalités, celui que présente la rétention de l’eau – constituent des atouts qui prennent place dans une économie globale des réseaux urbains. »

GRAPHIQUES : Comparaison des systèmes (débits sortants en l/mn)

Bien que les mesures effectuées ne soient exploitables qu’avec le système Tecflor, la végétalisation des terrasses pourrait devenir une solution pour la rétention des eaux de pluie.

Les articles les plus lus
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X