Technique et chantier

Rénovation-extension Gare des arts

Mots clés : Architecte - Architecture - Dessin - Informatique - Manifestations culturelles - Produits et matériaux - Rénovation d'ouvrage - Télécommunications - Transport ferroviaire

Tout près de la frontière belge, cette gare héritée du XIXe siècle est désormais dévolue aux arts classiques (musique, danse, dessin et peinture) et au numérique sous toutes ses formes (audio, vidéo, internet). Une mutation opérée par les architectes Sophie Thomas, Anne Forgia et Didier Leneveu.

Le trafic passagers a diminué au fil des ans dans la gare de Jeumont (Nord), à un jet de pierre de la petite ville belge d’Erquelinnes. Le déclin économique du bassin de la Sambre et la disparition des frontières douanières ont laissé, ici, nombre de friches parmi lesquelles une imposante gare ferroviaire – un bâtiment en briques du XIXe siècle, étiré sur 150 m – à l’indéniable qualité architecturale. Celui-ci vient d’être reconverti en « plate-forme d’arts et de technologies numériques » par les architectes parisiens Sophie Thomas (AST), Anne Forgia et Didier Leneveu (Arteo).

Réduite à la portion congrue, l’activité SNCF s’est repliée à une extrémité de l’édifice, dégageant ainsi la quasi-totalité de l’espace qui accueille désormais – sur 3 700 m2 – un programme des plus denses, glissé « au chausse-pied » : cybercentre, hall d’exposition et bar, salle/studio d’enregistrement (200 places), conservatoire de musique et de danse, ateliers d’arts plastiques, plateau de tournage, locaux administratifs, etc. « Tout le défi consistait à intégrer des activités très diverses dans le lieu, sans détruire la simplicité et l’évidence des volumes d’origine », explique Sophie Thomas. La réponse, respectueuse de l’existant, préserve l’enveloppe de la gare et ses intérieurs aux carrelages mosaïques de grès cérame.

Boîtes à ressorts Les différentes entités du programme prennent place tout au long du bâtiment, comme des boîtes indépendantes logées dans l’enveloppe de la gare et à l’extérieur. Chacune de ces « boîtes dans la boîte », clairement identifiable, répond en outre aux exigences acoustiques contraignantes du lieu. Ainsi de l’auditorium, conçu pour fonctionner également en studio d’enregistrements – audio et vidéo – alors même que les trains passent à quelques mètres ! D’où son positionnement spectaculaire au centre de la salle des « pas perdus », enveloppé d’une épaisse paroi multiple (plaques de Fermacell et laine minérale) et acrobatiquement juché sur six piliers d’acier, eux-mêmes disposés sur des « boîtes à ressorts » anti-vibratiles…

Dans l’ancien hall des Douanes, une autre boîte orangée abrite les six studios du conservatoire de musique, surmontés par la grande salle de danse au parquet blond qui récupère le volume de la charpente.

A l’extérieur enfin, le plateau de tournage habillé de verre coloré et construit en extension de la gare, ainsi que la longue passerelle de liaison à l’étage se transforment en fanaux, la nuit venue.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ville de Jeumont.

Conducteur d’opération : Icade.

Maîtrise d’œuvre : AST (Sophie Thomas) et Arteo (Anne Forgia et Didier Leneveu), architectes ; Eric Fayolle, conception graphique ; Khephren, BET structure ; ECRH, économiste ; Alto, BET fluides ; Lamoureux, BET acoustique ; SCP, OPC.

Bureau de contrôle : Veritas.

Principales Entreprises : Eiffage – Sambre Constructions (gros œuvre), Wilbert (couverture étanchéité), Fosse (menuiseries bois extérieures), Sapiso (cloisons doublages, faux-plafonds), Satelec (électricité), CEMS (serrurerie et machinerie scénique), CSE Live (équipements scéniques).

Surface : 3 711 m2 HON.

Coût des travaux : 5,60 millions euros HT.

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