[TO] Droit commercial

Régime d’aide fiscale à l’investissement outre-mer

DECRET NO 99-157 DU 5 MARS 1999 (JO DU 6 MARS 1999 – ECONOMIE) NOR : ECOF9800013D

Le Premier ministre,

Sur le rapport du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie,

Vu le code général des impôts, notamment ses articles 163 tervicies, 217 undecies et 217 duodecies, et l’annexe II à ce code ;

Vu la loi de finances pour 1998 (no 97-1269 du 30 décembre 1997), notamment son article 18 ;

Le Conseil d’Etat (section des finances) entendu,

Décrète :

Art. 1er. – A l’annexe II au code général des impôts, il est créé les articles 91 sexies à 91 decies ainsi rédigés :

«Art. 91 sexies. – Les investissements productifs réalisés dans les départements et territoires d’outre-mer et dans les collectivités territoriales de Mayotte et de Saint-Pierre-et-Miquelon dont le montant peut être déduit du revenu net global des contribuables en application du premier alinéa du I de l’article 163 tervicies du code général des impôts s’entendent des acquisitions ou créations d’immobilisations corporelles amortissables, affectées aux activités relevant des secteurs mentionnés au même alinéa.

«Art. 91 septies. – Les activités qui relèvent du secteur de l’industrie mentionné au premier alinéa du I de l’article 163 tervicies du code général des impôts sont celles qui concourent directement à l’élaboration ou à la transformation de biens corporels mobiliers. Est assimilée à de telles activités l’extraction des minerais figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé du budget.

«Les activités qui relèvent du secteur de la maintenance au profit d’activités industrielles mentionné au premier alinéa du même I sont celles qui concourent à l’entretien ou à la réparation du matériel de production exploité dans le secteur industriel défini à l’alinéa précédent.

«Art. 91 octies. – Les activités qui relèvent du secteur de la production audiovisuelle et cinématographique mentionné au premier alinéa du I de l’article 163 tervicies du code général des impôts sont celles qui concourent directement à la création ou à l’extension outre-mer soit d’établissements qui y assurent la production d’oeuvres audiovisuelles et cinématographiques, soit d’industries techniques de production de telles oeuvres. Le secteur de la diffusion comprend les activités qui concourent directement à la création ou à l’extension d’établissements implantés outre-mer et qui y assurent la diffusion d’oeuvres audiovisuelles et cinématographiques, quel que soit le support technique utilisé, à l’exclusion des activités d’achat-revente et de la location des supports techniques.

«En ce qui concerne les théâtres cinématographiques, la déduction fiscale est subordonnée à leur conformité à la norme française NF S 27-001.

«Art. 91 nonies. – La déduction prévue au premier alinéa du I de l’article 163 tervicies du code général des impôts est pratiquée au titre de l’année au cours de laquelle l’immobilisation est créée par l’entreprise ou lui est livrée ou est mise à sa disposition dans le cadre d’un contrat de crédit-bail.

«Elle est déterminée en tenant compte du montant des subventions publiques obtenues ou demandées et non encore accordées au 31 décembre de l’année mentionnée au premier alinéa. S’il y a lieu, la régularisation de la déduction est effectuée au titre de la même année sur demande du contribuable.

«Art. 91 decies. – Les contribuables qui bénéficient de la déduction prévue au premier alinéa du I de l’article 163 tervicies du code général des impôts doivent joindre à la déclaration des revenus de l’année au cours de laquelle la déduction est pratiquée un état faisant apparaître, pour chaque investissement à raison duquel elle est pratiquée :

«- le nom et l’adresse du siège social de l’entreprise propriétaire de l’investissement ou, lorsque ce dernier fait l’objet d’un contrat de crédit-bail, de celle qui en est locataire ;

«- s’il y a lieu, le pourcentage des droits aux résultats détenus directement ou indirectement par le contribuable dans la société ou le groupement propriétaire de l’investissement ;

«- la nature précise de l’investissement ;

«- le prix de revient hors taxe de l’investissement et le montant des subventions publiques obtenues ou demandées et non encore accordées pour son financement ;

«- la date à laquelle l’investissement a été livré ou, s’il s’agit d’un bien créé par l’entreprise, à laquelle il a été achevé ou, s’il s’agit d’un bien faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail, à laquelle il a été mis à disposition ;

«- la ou les dates de décision d’octroi des subventions publiques ;

«- le nom, l’adresse et la nature de l’activité de l’établissement dans lequel l’investissement est exploité.»

Art. 2. – A l’annexe II au code général des impôts, il est créé les articles 140 quater à 140 terdecies ainsi rédigés :

«Art. 140 quater. – Les investissements productifs réalisés dans les départements et territoires d’outre-mer et dans les collectivités territoriales de Mayotte et de Saint-Pierre-et-Miquelon mentionnés aux I, II et II bis de l’article 217 undecies du code général des impôts s’entendent des acquisitions ou créations d’immobilisations corporelles amortissables, affectées aux activités relevant des secteurs mentionnés à cet article.

«Art. 140 quinquies. – Les activités qui relèvent du secteur d’activité de l’industrie mentionné au premier alinéa du I et au premier alinéa du II de l’article 217 undecies du code général des impôts sont celles qui concourent directement à l’élaboration ou à la transformation de biens corporels mobiliers. Est assimilée à de telles activités l’extraction des minerais figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé du budget.

«Les activités qui relèvent du secteur de la maintenance au profit d’activités industrielles mentionné au cinquième alinéa du I et au quatrième alinéa du II de l’article 217 undecies du code général des impôts sont celles qui concourent à l’entretien ou à la réparation du matériel de production exploité dans le secteur industriel défini à l’alinéa précédent.

«Art. 140 sexies. – Les activités qui relèvent du secteur de la production audiovisuelle et cinématographique mentionné au cinquième alinéa du I et au quatrième alinéa du II de l’article 217 undecies du code général des impôts sont celles qui concourent directement à la création ou à l’extension outre-mer soit d’établissements qui y assurent la production d’oeuvres audiovisuelles et cinématographiques, soit d’industries techniques de production de telles oeuvres. Le secteur de la diffusion comprend les activités qui concourent directement à la création ou à l’extension d’établissements implantés outre-mer et qui y assurent la diffusion d’oeuvres audiovisuelles et cinématographiques, quel que soit le support technique utilisé, à l’exclusion des activités d’achat-revente et de la location des supports techniques.

«En ce qui concerne les théâtres cinématographiques, la déduction fiscale est subordonnée à leur conformité à la norme française NF S 27-001.

«Art. 140 septies. – La valeur des immobilisations à retenir pour le calcul de la déduction prévue au premier alinéa du I de l’article 217 undecies du code général des impôts est constituée par le prix d’achat ou le prix de revient, diminué de la fraction de ce prix financée par une subvention publique et, si l’entreprise est assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée, de la taxe déductible conformément aux dispositions de l’article 229.

«Art. 140 octies. – La déduction prévue au premier alinéa du I de l’article 217 undecies du code général des impôts est pratiquée par l’entreprise propriétaire ou, si l’immobilisation fait l’objet d’un contrat de crédit-bail, par l’entreprise locataire. Elle est opérée sur les résultats imposables, déterminés avant tout autre déduction ou abattement, de l’exercice au cours duquel l’immobilisation est créée par l’entreprise ou lui est livrée ou est mise à sa disposition dans le cadre d’un contrat de crédit-bail.

«Cette déduction est déterminée en tenant compte du montant des subventions publiques obtenues ou demandées et non encore accordées à la date de clôture de l’exercice mentionné au premier alinéa. S’il y a lieu, la régularisation de la déduction est effectuée au titre de l’exercice au cours duquel intervient la décision concernant leur octroi et leur montant.

«Art. 140 nonies. – Lorsqu’une entreprise entend bénéficier de la déduction prévue au septième alinéa du I de l’article 217 undecies du code général des impôts, elle est tenue, pour chaque logement, de joindre à sa déclaration de résultat de l’exercice au titre duquel elle pratique la déduction des documents dont la liste est fixée par décret.

«Si le bail n’est pas signé à la date de souscription de la déclaration susmentionnée, les documents relatifs au bail et au locataire sont joints à la déclaration de l’exercice au cours duquel le bail est signé. Il en est de même en cas de changement de locataire pendant une période d’une durée fixée par décret.

«Pour l’application du 2° du septième alinéa du I de l’article 217 undecies du code général des impôts, les montants annuels du loyer et des ressources du locataire ne peuvent excéder des limites fixées par décret.

«Art. 140 decies. – Les souscriptions dont la déduction est autorisée par les II, II bis et II ter de l’article 217 undecies du code général des impôts s’entendent des souscriptions en numéraire au capital des sociétés de développement régional des départements d’outre-mer et des entreprises passibles de l’impôt sur les sociétés qui exercent exclusivement leur activité, outre-mer, dans les secteurs mentionnés aux premier, cinquième et septième alinéas du I de ce même article ou qui réalisent des investissements mentionnés au sixième alinéa de ce même I.

«La valeur d’origine des éléments d’actif autres que ceux nécessaires à l’exercice de l’activité ouvrant droit à déduction ne doit pas excéder 10 % du montant total de l’actif brut de la société.

«Art. 140 undecies. – La déduction prévue par les II, II bis et II ter de l’article 217 undecies du code général des impôts est pratiquée, au titre de l’exercice au cours duquel les fonds ont été versés, sur les résultats imposables de l’entreprise qui réalise la souscription, déterminés avant tout autre déduction ou abattement.

«En cas de versements échelonnés, ceux-ci sont pris en compte au titre de chacun des exercices au cours desquels ils ont été effectués.

«Art. 140 duodecies. – Lorsqu’une entreprise entend bénéficier de la déduction prévue par le II, le II bis ou le II ter de l’article 217 undecies du code général des impôts à raison de la souscription d’actions ou de parts d’une société mentionnée à l’article 140 decies, elle doit joindre à sa déclaration de résultat de l’exercice au cours duquel la déduction est pratiquée une attestation délivrée par cette société précisant que cette dernière exerce son activité dans les conditions prévues à l’article 140 decies et s’engage à réaliser, dans les délais prévus au II de l’article 217 undecies du code précité, des investissements productifs pour un montant au moins égal à celui des fonds versés et indiquant le montant des fonds versés, la date du versement, le nombre de parts ou actions souscrites et, le cas échéant, leurs numéros.

«Art. 140 terdecies. – Pour l’application du III de l’article 217 undecies du code général des impôts, l’avis du ministre chargé de l’outre-mer est donné dans un délai de trente jours à compter de la date d’envoi de la demande du ministre chargé du budget.

«Lorsque le ministre chargé du budget a délégué son pouvoir de décision aux directeurs des services fiscaux des départements d’outre-mer, en application des dispositions du I de l’article 1649 nonies du code général des impôts, le ministre chargé de l’outre-mer peut déléguer son pouvoir au préfet du département d’outre-mer concerné.»

Art. 3. – chargés de l’exécution …

Fait à Paris, le 5 mars 1999.

(a) «Textes officiels» du 16 février 1996 (p.304).

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X