Régions

Redonner vie au centre historique

Elue en 2014, Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon, a entrepris d’impulser « une dynamique urbaine et territoriale » basée notamment sur la transformation du centre historique (lire ci-contre) . La démarche s’articule autour de trois axes : « révéler le patrimoine », « redonner une nouvelle vie à des bâtiments historiques » et « requalifier les espaces publics ». S’y ajoute un schéma directeur de redéveloppement du commerce de centre-ville, adopté en avril dernier, qui succède à un moratoire sur les grands projets commerciaux adopté par la commune en 2014.

Trois axes prioritaires. La Ville s’appuie sur la société d’économie mixte (SEM) Citadis, à la manœuvre depuis les années 1960, avec une première opération de restructuration dans le quartier de la Balance. Aujourd’hui, dans le cadre d’une mission complète sur l’ensemble du centre historique délimité par ses remparts et inscrit en totalité en secteur sauvegardé (150 ha), la SEM intervient sur le bâti et les espaces publics selon trois axes prioritaires : Saint-Didier-Magnanen ; Bonneterie-Teinturiers ; Carnot-Carreterie. Sur le premier secteur, la place Saint-Didier, rendue totalement piétonne, a été inaugurée en juin dernier. Sur le deuxième, les travaux ont démarré en août. Pour le troisième, la concertation va démarrer à la fin de l’année, avec un début de chantier à l’été 2018.

En comptant l’aménagement des abords de la prison Sainte-Anne, qui permettra notamment de valoriser la chapelle des Pénitents noirs, la Ville investit au total 12 millions d’euros dans la requalification des espaces publics. Une partie est financée avec le produit de la vente de la prison Sainte-Anne au groupement conduit par la société de promotion LC2I (entreprise : Girard ; conception : cabinet Baua ; cabinet Fabre et Speller). La reconversion du bâtiment (11 000 m2 ) est emblématique de la stratégie de la Cité des papes qui a rédigé l’appel d’offres avec plusieurs exigences : en faire une opération moteur pour la reconquête du quartier de la Banasterie ; aménager une friche artistique et culturelle de 700 m2 à rétrocéder à la Ville. Le compromis de vente doit être signé en novembre prochain. Suivront les travaux pour une livraison à la fin 2019 (coût : 18 millions d’euros HT).

Hôtel-boutique de 27 chambres. L’affaire a été rondement menée, tout comme celle de la réhabilitation d’un ensemble urbain composé de l’hôtel des Monnaies et de l’hôtel Niel, deux édifices respectivement construit au XVIIe et au XVIIIe siècle, situés dans le même îlot. Le lauréat de l’appel d’offres lancé par la Ville pour y réaliser un « hôtel-boutique » de 27 chambres, Bruno Donche Gay, un hôtelier d’Avignon associé à une équipe de maîtrise d’œuvre (Jean-Paul Cassulo Architecte, agence Repellin et Larpin Architectes, IG BAT), rétrocédera à la commune 255 m2

dédiés à un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Avec la façade de style baroque romain de l’hôtel des Monnaies qui donne sur la place du Palais des papes, le projet représente un véritable enjeu. Les travaux, d’une durée d’un an (coût : 3,5 millions d’euros), devraient démarrer en 2018.

D’autres projets équivalents sont sur les rails. La Ville vient d’acquérir les bains Pommer, anciens bains publics de la fin du XIXe siècle, pour en faire un musée. La reconversion de la chapelle gothique Pierre-de-Luxembourg en hôtel, avec le rez-de-chaussée réservé par la Ville, est aussi à l’étude.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

« Les habitants d'Avignon ne doivent pas vivre dans un musée »

« Notre ville a la chance d’avoir un patrimoine historique exceptionnel dont découle son attractivité touristique, l’une des richesses économiques de notre ville. Sauf que je ne veux pas faire du centre-ville un musée où les habitants ne se sentent plus chez eux. Je veux, au contraire, qu’il regagne en attractivité pour les habitants et pour les commerces. Aujourd’hui, le centre historique accueille 14 000 habitants. Dans les années 1970, il en accueillait le double. Cela veut dire qu’il y a de la vacance.

Cela implique de proposer une diversité de typologie de logements, notamment pour pouvoir accueillir des familles. Sur la dernière décennie, les opérations de réhabilitation produisaient des T1-T2. Il faut que cela change. Pour cela, la puissance publique doit donner un signal. Prenons la prison Sainte-Anne, désaffectée depuis treize ans. Le projet jusqu’alors était d’en faire un hôtel 5 étoiles. Nous avons décidé d’en faire un projet d’aménagement d’ensemble imposant dans le cahier des charges une offre diversifiée en termes de services, logements, commerces… »

Cécile Helle , maire (PS) d’Avignon.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X