Technique et chantier

RECHERCHE De la technologie aux financements

Mots clés : Politique des transports

-Les témoignages suivants montrent que l’institutionnel et le technique doivent évoluer en même temps.

Fin janvier, l’Atec (Association pour le développement des techniques de transport, d’environnement et de circulation) tenait congrès à Paris.

C’est au tour du ministère des Transports d’organiser, à Lille du 23 au 25 mars, les Troisièmes Journées du réseau scientifique et technique de l’Equipement. Deux spécialistes des transports éclairent les enjeux, économiques et institutionnels dans lesquels évolue la recherche.

ENCADRE

« L'Etat doit réorienter sa part dans les cofinancements et prendre en compte l'investissement en matériels»

JACQUES AUXIETTE, président du Gart (Groupement des autorités responsables des transports)

Va-t-on voir les projets de transport collectif figurer aux prochains contrats de Plan Etat-régions ?

J. A. C’est une mesure pour laquelle je milite depuis le Xe Plan. A l’époque, au nom des problèmes de subsidiarité entre collectivités, cela n’avait pas été possible. Alors que, paradoxalement, cette question ne se pose jamais quand il s’agit de financer un contournement routier. De ce fait, les transports collectifs sont traités à part. Cela va-t-il changer ? Tout dépend de l’affichage de l’Etat. Si la volonté existe, la difficulté est facile à surmonter. De plus, si cela aboutissait, cela permettrait d’améliorer les conditions de financement du secteur.

Sur ce plan, que doit-on améliorer ? Rien qu’en province, il existe actuellement des projets dans trente-deux villes ou agglomérations, c’est-à-dire soixante-deux projets pour une facture estimée à 67 milliards de francs. Et globalement, l’Etat ne cofinance en moyenne que 18 % des projets, en se concentrant sur l’infrastructure. Or, aujourd’hui, comme les projets se trouvent plus dans les villes moyennes, c’est plutôt au matériel que les subventions devraient aller. Les progrès enregistrés dans la filière matériel, du fait des programmes de « tramways légers » inscrits au Predit notamment, ont permis de faire émerger une nouvelle génération de matériels, 30 à 50 % moins chers que les tramways classiques et mieux adaptés aux finances des collectivités locales concernées. C’est la commande publique locale qui aujourd’hui soutient ces industriels avec le versement transport et la fiscalité. L’Etat devrait donc revoir sa politique de cofinancement en la matière.

ENCADRE

« Les nouvelles technologies permettent d'accroître les capacités de trafic des infrastructures »

GEORGES DOBIAS, vice-président du Syndicat des transports parisiens et président de l’Atec

Faut-il revoir le volume d’investissement consacré, en France, aux infrastructures de transport ?

G. D. Ce n’est pas un débat nouveau. Je pense que la priorité consiste à mieux utiliser, ou à utiliser à plein, les infrastructures que nous possédons. Ce qui n’empêche pas de répondre à la demande d’infrastructures nouvelles. Ainsi, dans le domaine urbain, les besoins restent colossaux. Actuellement, toutes les agglomérations ont des projets. Cela représente, au bas mot, une cinquantaine de milliards de francs.

A l’avenir, je pense que nous allons réaliser moins de routes et plus de transports collectifs. Il y va d’une meilleure accessibilité des relations banlieues/centres-villes. Mais les besoins restent également importants dans le domaine interurbain. Et là, il faudra certainement plusieurs plans pour répondre à la demande.

Par rapport aux attentes en matière de transport, vers quoi s’orientent les travaux de l’Atec ?

Cette année, l’Atec a pris pour thème « la sécurité et la sûreté dans les déplacements ». Cela pour tenir compte des chiffres alarmants de l’insécurité routière. Cette préoccupation, l’actualité l’a montré, gagne aujourd’hui les transports collectifs. L’Atec est justement un des lieux où les techniciens prennent le temps de débattre de leurs expériences pour permettre aux pouvoirs publics, locaux et nationaux de bien prendre en compte les réflexions relatives à la multimodalité, au développement des réseaux et à celui des transports intelligents.

L’un des grands thèmes de nos réflexions techniques était justement « l’amélioration de la sécurité en zone urbaine par des moyens technologiques ». Dans le domaine routier, les nouvelles technologies permettent d’accroître la capacité de trafic des routes en améliorant leur fluidité. Cela passe en particulier, par une meilleure gestion des carrefours. L’expérience de régulation des feux à Paris va être étendue au réseau des Hauts-de-Seine. Autre piste de travail : l’information sur les bouchons. Des systèmes, comme Sirius ou le système du périphérique doivent être généralisés. Ces systèmes contribuent efficacement à améliorer le service rendu et la sécurité des conducteurs.

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