Régions

QUESTIONS À.Yvan Le Normand, président de la FRB Bretagne

Mots clés : Apprentissage

« On prévoit une stabilisation pour 2011 »

Quel est l’impact de la crise sur les entreprises bretonnes ?

Par rapport à 2008 où il atteignait 8 milliards d’euros pour un effectif de 80 000 actifs, le chiffre d’affaires de cette année va enregistrer une baisse de l’ordre de 7 %. Et les prévisions pour 2010 sont également négatives ; le recul serait de 3,4 %. Les carnets de commandes sont passés d’une visibilité moyenne de huit à douze mois l’an passé à trois-quatre mois aujourd’hui. Et si les effectifs semblent en apparence n’avoir pas varié (-1 %), c’est parce que le recours à l’intérim a été drastiquement réduit. Quant aux défaillances d’entreprises, elles concernent très majoritairement les petites entreprises créées ces dernières années.

Quid des outils de formation initiale dont les capacités d’accueil ont été sensiblement augmentées ces dernières années ?

Il y a dans notre région 11 000 jeunes en formation dont 5 000 apprentis et il est indispensable de continuer à former, tant en quantité qu’en qualité, car nous sommes encore dans une période où les départs à la retraite sont nombreux. En outre, la crise ne va pas durer éternellement. Nous avons demandé à chaque fédération départementale de solliciter toutes les entreprises afin qu’aucun jeune ne reste sur le carreau parce qu’il n’aurait pas trouvé d’entreprise d’accueil.

Comment adapter l’appareil de production aux exigences de l’écoconstruction ?

Aujourd’hui, 500 de nos salariés ont suivi la formation Feebat ; il faut continuer. Mais je tire la sonnette d’alarme pour que nous continuions à obtenir des fonds car les caisses des OPCA sont vides. Par ailleurs, dans les cahiers des charges, on demande aux entreprises les actions qu’elles mènent en matière d’écologie. Aussi, avant la fin de l’année, publierons-nous à l’attention de nos adhérents un guide des bonnes pratiques. Mais les maîtres d’ouvrage doivent mieux prendre en compte ce type d’objectif et ne pas retenir systématiquement le moins-disant. Récemment, nous avons eu un très bon exemple à Saint-Brieuc où, sur la réfection d’une piscine, le cahier des charges indiquait que le prix comptait pour 35 % et que la qualité technique et environnementale du dossier pour 65 %.

Qu’attendez-vous des pouvoirs publics et des collectivités ?

Nous trouvons inadmissible que pour les déchets de classe 2 (plâtre, plastique, bois, etc.), il nous faille aller jusqu’à Laval puisque nous n’avons pas suffisamment de décharges en Bretagne. Nous réclamons donc aux préfets d’avoir une décharge de classe 2 dans chaque département. Ainsi, nous limiterons notre empreinte carbone. Concernant les carnets de commandes, nous regrettons que lorsque les organismes HLM obtiennent le financement de 4 000 logements neufs pour 2009, seulement 3 000 soient programmés. Même chose du côté des 250 collectivités qui bénéficient des remboursements anticipés de TVA. Au total, cela se chiffre à 240 millions d’euros et cela pourrait servir à accélérer la commande publique. Mais non rien ! Nous espérons pour 2010.

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