Régions

QUESTIONS À… Jean-François Julien, professeur émérite de l’Insa Lyon

Mots clés : Enseignement supérieur - Innovations - Travail

« Le génie civil à l’affût de l’innovation »

Comment l’Insa s’organise-t-elle pour assurer le lien entre la formation en génie civil et l’exercice professionnel ?

La préoccupation de l’Insa est d’assurer une formation qui soit toujours conforme aux attentes de la profession. Ainsi, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’école, nous avons organisé une conférence, qui avait justement pour objectif de présenter aux étudiants, aux enseignants et à la direction les besoins de la profession.

Quels sont-ils ?

Grâce à Michel Virlogeux, ingénieur du pont de Millau, réalisateur de nombreux ponts dans le monde, et à Jean-Marc Tanis, directeur général de Jean Muller International et président de l’Association française de génie civil, nous avons mis en évidence les opportunités à l’export. Aujourd’hui, les marchés les plus importants sont principalement à l’étranger.

L’ingénieur génie civil doit également être à l’affût de l’innovation, et ne pas se contenter de ses acquis d’étudiant. Nous avons pu le démontrer en prenant l’exemple du Grand bazar de Lyon, pour lequel Pitance a utilisé la technique du « top & down », qui permet de réduire les délais. Nos étudiants ingénieurs devront avoir des idées comme celles-là, qui sortent de leur cursus scolaire, pour que leurs projets soient choisis.

Quid de la problématique environnementale ?

Elle est bien évidemment abordée, notamment avec Jacques Martin, directeur opérationnel d’Egis Route. L’environnement est très important, mais c’est un métier en soi, qui relève de l’ingénieur environnement, et non de l’ingénieur génie civil.

Nous devons d’ailleurs veiller à ce que la formation de nos ingénieurs génie civil reste généraliste : c’est la force de la France, puisque le système anglo-saxon forme des experts. L’ingénieur français a la charge et la responsabilité d’un ouvrage dans son ensemble ; il est capable de faire la synthèse des différents savoir-faire. Il ne faut pas perdre cette spécificité.

Quelles sont les autres attentes ?

La profession demande que nos ingénieurs soient des spécialistes de l’ingénierie… et non du management. C’est par leurs compétences techniques que nos étudiants décrocheront un travail et seront reconnus. Il faut être très vigilant là-dessus.

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