Régions

QUESTIONS À. Christian Brunner, directeur général de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam)« Marseille a changé de modèle d’urbanisation »

Mots clés : Collectivités locales - Droit de l'urbanisme - Rénovation urbaine

Quel regard portez-vous sur le territoire métropolitain à la lumière des derniers indicateurs statistiques publiés au début de l’été ?

La tendance enregistrée depuis quelques années se confirme. L’agglomération marseillaise reste sur un rythme de croissance démographique soutenu, avec un gain de 5 000 à 6 000 habitants chaque année. Ce phénomène s’explique par le solde naturel positif, mais aussi par l’attractivité de l’espace métropolitain qui ne faiblit pas. D’ailleurs, le rythme annuel de créations d’emploi y reste élevé, avec près de 4 000 emplois nouveaux par an. Le Scot et le PLU doivent donc continuer à s’appuyer sur cette dynamique positive pour élaborer les stratégies urbaines des prochaines années.

L’impact de la crise économique ne se traduirait donc pas dans les grandes orientations en matière d’aménagement du territoire ?

Il ne s’agit pas de nier la crise. Mais nous observons qu’elle impacte moins l’aire métropolitaine marseillaise que d’autres territoires. Le fait que l’industrie automobile soit quasiment inexistante dans notre région explique en partie la bonne résistance relative de l’agglomération face aux difficultés actuelles. La diversification de notre économie joue également un effet d’amortisseur car, si la crise fragilise les entreprises, elle ne déstructure pas des pans entiers de notre territoire. Enfin, certaines dynamiques engagées depuis quelques années – je pense notamment à Euroméditerranée – continuent à produire de l’attractivité et de l’emploi.

Comment analysez-vous l’évolution de Marseille et de son espace urbain ?

Marseille est entrée dans une ère nouvelle en matière d’aménagement et de développement. Le modèle urbain traditionnel, basé sur l’expansion de la ville au détriment des zones agricoles et des espaces naturels, ne peut plus fonctionner. Il faut imaginer un mode d’organisation spatiale différent. Désormais, la ville ne peut que se reconstruire en permanence sur elle-même en économisant ses ressources foncières, en préservant ses espaces verts, en densifiant ses zones d’habitat et en organisant plus rationnellement son système de voirie et de déplacements.

Comment ces principes peuvent-ils se traduire dans les documents d’urbanisme ?

Le grand basculement a déjà eu lieu, puisque le PLU, dont la révision est en cours, sera le premier document de planification urbaine à matérialiser la rocade L2 et à gérer ses effets urbains. Cette infrastructure va apporter une visibilité nouvelle au réseau de voirie. Elle permettra également de libérer certains axes – notamment la rocade du Jarret – de 30 à 40 % du trafic automobile actuel et d’envisager une requalification urbaine. De même celle du cours Lieutaud, par exemple.

D’autres éléments pourront être intégrés dans les futurs documents d’urbanisme. Je pense notamment à tout ce qui favorise la densité urbaine. Marseille n’est pas une ville très dense. On peut densifier intelligemment ce territoire en y favorisant de nouvelles formes urbaines. C’est l’objectif d’un document pédagogique que l’Agam a présenté début juillet. La question de la verticalité nous a été posée. Il est clair que la tour ne peut pas être le modèle urbain dominant, mais il ne faut pas exclure de construire « en hauteur » si on veut économiser l’espace et préserver la qualité de la ville.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X