Edito

Que les Jeux commencent

Il faudra attendre le 13 septembre et le grand raout du Comité international olympique (CIO) à Lima, au Pérou, pour sabler le champagne. Mais les Franciliens peuvent déjà mettre les bouteilles au frais : sauf improbable péripétie, Paris accueillera les Jeux olympiques (JO) de 2024, puisque

Los Angeles, l’unique concurrent, opte pour l’édition 2028, en échange d’une rallonge de près de 500 millions d’euros de la participation du CIO.

On ne peut que se réjouir d’une France qui gagne. Mais à quel prix se décroche cette victoire et, surtout, qui va en profiter ? Les contempteurs des JO sonnent déjà le tocsin. Rares sont les olympiades, il est vrai, qui se soldent par le respect des budgets prévisionnels. Et Paris l’emporte dans une configuration où l’ensemble des villes candidates ont déclaré forfait face aux investissements à consentir. Le succès parisien, au-delà de sa vision véritable sur les Jeux, s’explique aussi par sa relative sobriété. Le budget de 6,6 milliards d’euros est raisonnable – voire optimiste – et abondé à hauteur de 1,7 milliard par le CIO. On est loin de la folie des grandeurs.

Un village olympique de 51 ha sortira de terre. Un beau terrain de jeu pour les promoteurs.

Dans ce contexte, il est déjà acquis que le secteur touristique profitera au premier chef de ces JO. Le BTP, lui, peut se nourrir de trois certitudes. D’abord, 3 milliards d’euros, dont la moitié de fonds privés, seront consacrés aux infra structures. Paris 2024, l’organisateur, s’appuie à 95 % sur des sites existants ou temporaires, mais deux nouveaux équipements pérennes pousseront : un centre aquatique au nord de la capitale et une « Bercy Arena II » au sud.

Ensuite, un village olympique de 51 hectares se développera en Seine-Saint-Denis, zone qui fera l’objet d’une vaste requalification urbaine. Un beau terrain de jeu pour les promoteurs, qui porteront 70 % du financement. Enfin, le chantier des JO 2024 s’emboîte de fait dans celui du Grand Paris Express et contraint le « projet du siècle » à respecter un agenda serré. Quatre nouvelles lignes de métro (14, 15, 17 et 18) sont promises pour 2023-2024 et, en parallèle, le CDG Express s’annonce à l’horizon 2023. Ces projets marathons doivent maintenant avancer au sprint. Les Jeux commencent déjà pour le BTP.

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