Architecture Université

Quatre cents étudiants potassent en sous-sol

Mots clés : Architecte - ERP sans hébergement

L’architecte Jean-Marie Duthilleul a conçu les espaces qui manquaient cruellement à l’Institut catholique de Paris.

Certains objectifs peuvent sembler inconciliables. Ainsi, l’Institut catholique de Paris (ICP) tenait à rester au cœur de la capitale, dans le VIe arrondissement, tout en accueillant dans de bonnes conditions une population étudiante en croissance constante. L’établissement universitaire dédié aux sciences humaines et sociales, fondé en 1875 sur le site d’un couvent établi là depuis le XVIIe siècle, a donc demandé à Jean-Marie Duthilleul de trouver la solution à ce dilemme. « Je devais répondre à un projet académique, mais dans un espace si complexe que je n’ai d’abord pas bien su comment m’y prendre, explique l’architecte. Puis, en étudiant le site, nous avons imaginé le faire grandir par le bas. » Le 3 octobre dernier ont ainsi été inaugurés quelque 1 000 m² SP de nouveaux espaces, qui ont été glissés sous la cour d’honneur. « Il était possible de creuser là, car le couvent des Carmes n’a pas bougé depuis sa création, le site n’a donc pas été perturbé par l’Histoire », poursuit Jean-Marie Duthilleul. Le chantier et ses fouilles préalables ont quand même révélé que les lieux avaient déjà été habités bien avant, entre les Ier et IIIe siècles.

« Un havre de lumière ». Dans l’épaisseur du sol se cache désormais un amphithéâtre de 400 places, ainsi que son grand foyer. Ce nouvel équipement, qui doit servir aux cours magistraux comme aux colloques, a été aménagé en chêne. Aussi sobre qu’élégant, il est aussi modulable grâce à une cloison mobile. Pour atténuer la sensation d’étudier en souterrain, un apport en éclairage naturel est assuré par la grande baie du foyer qui ouvre sur un petit jardin. Dans celui-ci, les gradins ont été fabriqués avec les antiques moellons retrouvés lors des fouilles archéologiques.

Les travaux, qui ont également porté sur la rénovation de 4 000 m² SP de locaux autour de la cour et ont permis une importante remise aux normes, ont enfin donné une nouvelle adresse à l’ICP. Désormais, l’accueil de l’institution se trouve rue de Vaugirard, et non plus dans la rue d’Assas perpendiculaire. Un retour aux sources, comme le rappelle Mgr Philippe Bordeyne, le recteur de l’ICP : « Nous avons en réalité retrouvé l’entrée d’origine. Et nous avons acquis ainsi une meilleure visibilité puisqu’on ne voyait rien de notre institution depuis l’extérieur. » Désormais, trois grandes arcades créent une transparence entre la rue et la cour d’honneur, aménagée très simplement avec un sol en béton balayé gris. « Ce qui, surtout, est magnifique, remarque Mgr Bordeyne, c’est qu’en pénétrant dans l’institut par cette nouvelle entrée, on se retrouve devant la façade blanche du couvent des Carmes, orientée au sud et baignée par les rayons du soleil. Cette cour est un havre de lumière. »

Maîtrise d’ouvrage : Association des évêques fondateurs de l’ICP ; AMO : Becar. Maîtrise d’œuvre : Agence Duthilleul, architecte mandataire ; Eurogip, architecte travaux ; Hénon Tudor, architectes MH ; BET : MaP3 (structure), Arep (sécurité incendie, acoustique), SCENE (scénographie), Patrick Rimoux (artiste lumière). Principales entreprises : : Sorec (gros œuvre), SLR (restauration façades MH), MGN (charpente métallique). Coût des travaux : 11,9 M€ HT.

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