Régions

Pourquoi les investisseurs choisissent Nantes

Depuis 10 mois, les investissements privés et décisions de délocalisations se multiplient. En balance avec Rennes, Bordeaux ou Rouen, de grandes entreprises ont opté pour une implantation à Nantes. Conséquence : le stock de bureaux, à son plus bas niveau, laisse entrevoir une forte reprise de l’activité de locaux tertiaires pour 1999.

« Les délocalisations reprennent, les investissements suivent » constate Philippe Audic, directeur général de l’agence de développement économique de l’agglomération nantaise.

Au total, ce sont 2 500 emplois nouveaux qui s’implantent sur l’agglomération en quelques mois : Inter mutuelles assistance a préféré Nantes à Bordeaux pour implanter son centre national d’appel téléphonique, dans les anciens locaux du BRGM. UCB, union de crédit pour le bâtiment, va y installer un autre centre d’appel, après que la Générale des Eaux (130 personnes), puis Bouygues Télécom y ont installé l’an dernier leurs centres régionaux grand Ouest. La SNCF, après une mise en concurrence avec Rennes et Bordeaux, a décidé fin décembre de transférer à Nantes son centre national informatique voyageurs (330 personnes délocalisées et 170 sous traitants). Idem pour la Poste, qui a délocalisé 350 personnes (500 à terme) en délocalisant ses services financiers.

Les raisons « objectives » mises en avant : « la décision des salariés de ces sociétés, majoritairement favorables à une implantation nantaise ; une cohésion rare entre secteur public (ville, district, conseil général) et privé (chambre consulaires, CINA) qui parlent d’une seule voix, et rassurent les investisseurs », explique Loic Cantin, nouveau président du Club immobilier Nantes Atlantique. Autre raison : l’absence d’accent dans un secteur d’activité (centres d’appels téléphoniques à dimension nationale) où toute « marque linguistique » passerait mal. A quoi s’ajoutent les atouts économiques d’une agglomération de 800 000 habitants, (18 liaisons cadencées par jour avec St Nazaire, 1er port de la façade atlantique) qui ont été dûment présentés au Mipim, tant au ministre du Logement qu’aux investisseurs nationaux.

Mais en rive de Loire, on sait rester prudent : « Nantes est à la mode » exprime Patrick Mareschal, premier adjoint de la ville et président de l’Agence de développement, qui sous entend que le mouvement peut toujours s’inverser. L’arrivée du TGV à Rennes pourrait bousculer la donne de la prochaine décennie .

Pour Philippe Launay, vice pdt de la CCI, « Nantes a quasiment atteint la taille critique à partir de laquelle le développement économique s’autoalimente ». Un exemple : autour de l’installation des grandes plateformes logistiques dans l’agglompération, Décathlon (à Ste Luce), System U, Rexel, Inter-marché, Sodistock, ce sont 7 600 emplois créés dans le domaine des services de 93 à 97, dont 4 500 de services aux entreprises : la tertiarisation des emplois de l’agglomération est effective depuis cette année.

« Cette activité, ces emplois créés génèrent une consommation de bureaux très forte en 1998 (+ 20 % de transactions/97, avec 56 585 m3) de sorte qu’il n’existe plus un mètre carré de bureau neuf à Nantes, et que le stock (de l’ordre de 45 000 m2 dans l’ancien) n’a jamais été aussi bas, poursuit Loïc Cantin. » Bouygues Télécom a choisi Nantes plutôt que Lille parce qu’il y avait un stock disponible dans le neuf : Atlantica, immeuble de bureaux lancé « en blanc » de Michel Giboire, promoteur rennais. Il faut donc relancer au plus vite les projets. HDI, par exemple, qui vient de réaliser l’entrepôt logistique de Décathlon (23000 m2, investisseur groupe Cargill), l’immeuble de la Poste (4500 m2) et fera celui de la SNCF près la Cité des congrès va relancer deux nouveaux projets cette année. « En matière de logistique, les besoins nouveaux émergent : d’ici deux ans, on aura de gros besoins, des surfaces de 10 000 m2 de grande hauteur, climatisées, chauffées, avec des bureaux », estime Jean-Paul Babonneau, dirigeant d’HDI (groupe Quillery). « Il est temps de relancer les investissements, 1999 est bien parti » conclut Jean Delavaud, président honoraire du Cina.

PHOTO : Au Mipim , Jean Delavaud, ancien président du Cina et Bernard Bolzer, maire adjoint de Nantes chargé de l’urbanisme, accueillent le maire de Cannes Maurice Delauney et le ministre du Logement Louis Besson, sur le stand de la métropole Nantes Saint- Nazaire.

ENCADRE

Les projets lancés pour 1999

Bati Nantes : extension du parc tertiaire du moulin de la Roche (11 bâtiments de 600 à 2 000 m2), livraison fin 99. Un projet de 40 millions de francs en 11 tranches. Contact, François Régis Bouyer, tél. : 02.40.37.90.00.

HDI : deux gros projets d’entrepôts : 20 000 m2 sur le secteur de l’aéroport (PC en cours), et l’un sur Atlantis avec trois immeubles de 1000 m2. Contact, Jean-Paul Babonneau, tél. : 02.40.63.64.11.

Iota développement : sur le parc de l’Eraudière, 3000 m2 puis 4000 m2. A terme 10 000 m2 supplémentaires en 99. Contact, François de La Tullaye, tél. : 02.51.89.19.39.

Bouygues immobilier :

– La restructuration de l’ancienne CAF (sur la 3e ligne du tramway) : architecte Acropa, dépôt de PC en juin. Shon : 15 000 m2 dont 8 000 m2 de bureaux et 7 000 m2 de logements.

– Technoparc de l’Aubinière : 1 500 m2 en avril, deux PC de 800 m2, puis 2 500 m2 clés en main.

– Forum de Loire (5 000 m2 de bureaux) à côté de l’hôtel de région. Contact, André Mermier, tél. : 02.40.12.13.13.

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