Architecture et urbanisme Equipement Scolaire

Pierre de Bourgogne et mélèze habillent une école

Mots clés : Education - ERP sans hébergement

Parée d’un bouclier thermique hautement protecteur, cette école lyonnaise n’en multiplie pas moins les arrivées de lumière naturelle propice à la qualité de ses ambiances intérieures. Astucieusement mis en œuvre, le mélèze des façades est promis à une belle tenue dans le temps.

Rendant hommage à la première Française bachelière et licenciée ès lettres, le groupe scolaire Julie- Victoire Daubié est le premier établissement à énergie positive de l’agglomération lyonnaise. Esprit novateur qu’accroît sa situation face au nouveau parc Sergent-Blandan, également pilote en matière de développement durable, au sein du 7e arrondissement de Lyon. Pour atteindre le niveau énergie positive, Frédéric Guillot, de l’atelier Didier Dalmas architectes, a panaché dispositifs bioclimatiques ou passifs de « bon sens », et équipements de régulation high-tech. Le programme comptait six classes maternelles et dix élémentaires, avec des salles d’évolution, de repos, de restaurant de 144 places, de salle de sports, de centre de documentation, etc. Construire compact s’imposait, tant pour abriter l’ensemble de ces éléments, que pour réduire les déperditions thermiques. L’édifice se présente ainsi comme un « L » essentiellement sur deux niveaux, dont le montant s’aligne sur la rue Victorien-Sardou à l’ouest. Ce plan présente aussi un avantage : la base de ce « L », dévolue aux maternelles, prend ses distances avec la rue côté sud, et s’ouvre plus généreusement aux apports solaires. Ses larges baies sont toutefois protégées d’un ensoleillement excessif par des brise-soleil à lames orientables et relevables, se réglant d’eux-mêmes selon la luminosité.

Apports de lux gratuits

Exposée aux surchauffes, la façade ouest s’en prémunit grâce à des meneaux striant ses ouvertures en triple vitrage, prolongeant ainsi la trame des nervures du bardage en mélèze. Les grands pans qu’il forme, ses ondes et sa teinte grisée, dialoguent avec les parois en pierre de Bourgogne agrafée, afin d’animer ce que la compacité visée aurait pu produire de pesant sur cette façade. Les dispositifs de maîtrise énergétique ne s’arrêtent pas là : les apports en lumière naturelle sont élevés, sans pour autant obérer l’efficacité de l’enveloppe thermique. Ainsi, la profondeur des deux ailes en béton banché, propice à l’inertie thermique en été, n’empêche pas la lumière extérieure de les traverser de part en part en plusieurs points. Le patio central apporte des lux gratuits tout en permettant d’évacuer le surplus de chaleur estivale. Disposées en premier jour, les classes bénéficient aussi de canons à lumière depuis le toit. A ces dispositifs naturels s’ajoute la technologie : autorégulation de l’éclairage pour atteindre 300 lux sur les bureaux, chauffage qui s’adapte aux apports calorifiques intérieurs, ventilation asservie au taux de CO2. Les nervures du mélèze rythment l’intérieur et l’extérieur de l’édifice. Laissé naturel à l’intérieur, il a fait l’objet, au-dehors, d’un traitement qui devrait absorber les stigmates du temps, ruissellements de pluie et noircissements ponctuels. Outre un saturateur qui prépatine le bois de la même teinte grisée qu’il adoptera avec les ans, la profondeur variable des clins – 3, 5 ou 7 cm – dissimulera ces marques dans ses plis.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lyon. Maîtrise d’œuvre : D. Dalmas, architectes associés, mandataire. BET : SNC-Lavalin (structure, fluides, économie, HQE), Acouphen (acoustique), A. Gardoni (paysagiste). Principales entreprises : Engo (gros œuvre), Vaganay (charpente, bardage). Surface : 3 817 m2 Shon. Coût : 9,9 M€ HT. Production photovoltaïque : 140 000 kWh.an

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