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PHILIPPE LAGAYETTE « Tous nos métiers doivent être profitables »

Mots clés : Collectivités locales - Economie mixte

Quelles sont, selon vous, les principales réussites de la Caisse au cours des cinq dernières années ?

PHILIPPE LAGAYETTE. La Caisse a, tout d’abord, confirmé son utilité vis-à-vis des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. Ses activités d’intérêt général se sont développées. Je pense notamment au financement d’opérations liées à la politique de la ville, au développement local, à la rénovation des centres de villes moyennes… La Caisse a ensuite continué à jouer un rôle majeur en ce qui concerne l’économie mixte locale qui, malgré les difficultés de certaines SEM, est un outil qui rend de grands services aux collectivités locales. Elle est également devenue un acteur important, à la demande de l’Etat, de ce que l’on appelle le « capital-développement ». Grâce à la Caisse, qui consacre depuis 1994 500 millions de francs par an à cet effet, des centaines de PME ont bénéficié d’augmentation de leurs fonds propres. C’est une mission d’autant plus importante que la régénérescence du tissu industriel français, à l’instar d’ailleurs de ce qui se passe dans la plupart des autres pays développés, passe par la création et le développement de PME, en particulier de PME innovantes.

Et en ce qui concerne votre activité financière ?

Nous sommes en train de moderniser notre outil bancaire. En ce qui concerne les marchés de capitaux, nous avons anticipé l’euro en créant une filiale en Allemagne et en étant actifs sur la dette des pays de la future zone euro. Tous les métiers financiers de la Caisse, en particulier la gestion de fonds, vont maintenant devoir s’européaniser. Nous ne négligeons pas pour autant le reste du monde. Nous sommes installés aux Etats-Unis et avons ouvert des bureaux de représentation à Tokyo et à Singapour.

Cette internationalisation se retrouve-t-elle dans les autres métiers de la Caisse ?

Sans aucun doute ! C’est ainsi que notre filiale Transroute a racheté, il y a quelques semaines, une société d’ingénierie des infrastructures en Australie qui va nous permettre de mieux travailler en Océanie et en Asie. Spécialisée dans les transports publics urbains et interurbains, notre filiale Transdev s’est également internationalisée en Angleterre et au Portugal. Tout comme la Compagnie des Alpes qui a repris le domaine skiable de Courmayeur, en Italie.

La Caisse des dépôts semble toutefois rencontrer des difficultés dans le domaine immobilier et dans l’aménagement et les services à la ville…

Les deux entités concernées – la Scic et la Scet – sont en train de se rapprocher pour ne faire qu’un seul groupe. Notre stratégie est claire : développer les métiers où nous pouvons être rentables et atteindre la taille critique, et ne pas ou ne plus exercer de métier perdant de l’argent. Après quatre années de provisionnements des engagements pris dans la promotion immobilière, nous commençons à voir le bout.

Puisque vous parlez de « métiers », on a l’impression que la Caisse des dépôts est présente dans de très nombreux secteurs, au risque d’un certain émiettement.

Non, absolument pas. Loin de s’être émiettée, la Caisse, au contraire, s’est recentrée. Nous ne sommes que dans deux sphères d’activités : les activités financières et les prestations de services liées au développement local. Sur ce dernier versant de nos activités, nous sommes sur un nombre très limité de domaines : la construction et l’investissement en logement, la gestion de projets, l’aménagement, l’exploitation de services publics et l’ingénierie. Et nous avons en France une clientèle principale : les collectivités territoriales.

Quels seront les résultats financiers de la Caisse des dépôts pour l’année 1997 ?

Ils seront bons si les marchés financiers ne connaissent pas de très fortes variations d’ici à la fin de l’année. Au premier semestre, nous avons enregistré 4,5 milliards de francs de résultat consolidé après impôt, contre environ 4 milliards pour l’ensemble de l’année 1996. Bien entendu, la progression du deuxième semestre sera beaucoup moins specta- culaire car il y a eu des phénomènes non récurrents, mais 1997 devrait être en progression sur 1996.

Quelles vont être, selon vous, les tâches prioritaires de votre successeur ?

Ce sera à lui de déterminer ses priorités. Mais je vois deux dossiers urgents : la réforme des Caisses d’épargne qui devrait être l’occasion d’un nouvel approfondissement des liens entre ce réseau partenaire et la Caisse ; et l’évolution du capital de la Caisse nationale de prévoyance (CNP), lorsque l’Etat aura achevé sa réflexion, qui devrait sceller l’ancrage de la CNP dans le groupe.

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