Architecture et urbanisme

Péage londonien : moins de voitures, mais des recettes inférieures aux prévisions

Mots clés : Politique des transports

Le maire de Londres, Ken Livingstone, sera très probablement réélu, en juin prochain, grâce au succès du péage urbain qui limite la circulation dans le centre de la capitale britannique. Après un an de fonctionnement, cette nouvelle taxe présente des tendances stabilisées : le nombre de véhicules entrant dans la zone à péage a baissé de 18 % (30 % pour les seules voitures) et les embouteilla-ges ont diminué de 30 %. Il n’y a pas eu l’onde de choc sur les quartiers avoisinants la zone, comme on pouvait le craindre. Les transports en commun ont bien suppléé au transfert de passagers vers leurs services, essentiellement les bus. L’impact négatif sur les commerçants a été en fait limité, la baisse de leurs chiffres d’affaires étant davantage imputable au ralentissement de l’économie britannique.

Se fondant sur ces données très favorables, le maire de Londres lance une consultation sur l’extension de la zone à péage vers l’ouest, englobant les quartiers de Kensington, Chelsea et Westminster. S’il est réélu, il doublera, à partir de 2006, la superficie de la zone existante. Cette extension pourrait rétablir le profil financier du péage londonien dont le succès, en termes de réduction de la circulation, a eu pour corollaire un échec en termes de création de revenus pour la ville. Il a rapporté, en effet, deux fois moins que prévu, soit 100 millions d’euros contre les 200 millions estimés au début du projet.

Financer une modernisation des trains et des tramways

De quoi faire réfléchir les municipalités britanniques tentées par l’expérience. En 2000, 35 autorités locales manifestaient leur intérêt pour un péage urbain. Mais à ce jour, seules les villes d’Edimbourg et Cardiff se sont engagées à introduire un péage, dans les deux ans, avec des prévisions très serrées. L’objectif étant de financer une modernisation des trains et des tramways.

Nottingham préfère une source de revenus plus sûre : taxer les places de parkings des sociétés. Bristol, volontaire de la première heure pour un péage, retarde sa décision tant que le gouvernement n’aura pas donné le feu vert au lancement de son tramway. Portsmouth, Leeds et Southampton sont dans le même cas. Mais ces villes risquent d’être déçues, le gouvernement faisant marche arrière sur les transports collectifs urbains.

Par ailleurs, l’introduction d’un péage routier au niveau national, envisagé pour 2010, inquiète les conseils municipaux qui préfèrent attendre d’y voir plus clair. Des incertitudes qui n’empêchent pas d’autres villes en Europe de suivre l’exemple londonien : Stockholm pense démarrer un projet en 2005, Barcelone et Milan pourraient suivre. Au total, 26 agglomérations européennes soutiennent un projet de péage urbain.

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