Technique et chantier

Pas de réhabilitation sans diagnostic

Mots clés : Acier - Béton - Rénovation d'ouvrage

Le parc des bâtiments en acier s’agrandit et vieillit. Les opérations de réhabilitation sur ces ouvrages sont donc de plus en plus nombreuses, notamment pour répondre à de nouveaux usages et à de nouvelles normes. L’une des étapes essentielles préalables à toute réhabilitation est le diagnostic de la structure. « Les risques sont souvent mal appréhendés du fait des difficultés d’acquisition des connaissances sur l’existant », estime Jacques Faure, responsable structure chez Ingérop. Une chance avec l’acier : c’est un matériau homogène et il est visible dès que l’on met à nu la structure. A la différence du béton armé dont on ne voit pas les armatures. De plus, les constructions sont la plupart du temps réalisées à partir de profils laminés, produits industriels normalisés, faciles à identifier.

« Mais une démarche méthodologique reste nécessaire », insiste l’ingénieur. Elle s’organise en quatre étapes. Il faut d’abord connaître l’état physique de l’ouvrage existant, puis analyser sa conception structurelle et les actions auxquelles il est soumis, avant d’étudier les évolutions réglementaires depuis sa construction. Enfin, on peut passer à l’élaboration du projet des travaux modificatifs.

La nature du métal conditionne en partie les méthodes d’intervention : la fonte, le fer puddlé et les différentes nuances d’acier n’auront pas les mêmes caractéristiques mécaniques ou de soudabilité. Si le soudage n’est pas possible, il faudra envisager d’autres techniques d’assemblage avec les nouveaux aciers introduits dans l’ouvrage (perçage, boulonnage). Outre le vieillissement par fatigue ou par la corrosion, des faiblesses peuvent provenir de défauts de conception, de fabrication ou de mise en œuvre. « La plupart des pathologies trouvent leur origine dans les assemblages et non dans les barres », observe Jacques Faure.

Au cours de l’étape suivante d’analyse « fonctionnelle » du bâtiment, même si l’on a la chance de disposer de documents d’exécution d’origine, on a pu au fil du temps ajouter des charges, ou construire un bâtiment mitoyen. Des déformations anormales peuvent être intervenues, par accidents ou tassement des fondations. « Il faut tout investiguer et être attentif à l’efficience des dispositifs de stabilité. »

Une fois connu l’état de l’existant, il faut encore s’assurer qu’il répond aux exigences réglementaires actuelles ou envisager les solutions pour le rendre conforme. Même si les règlements s’appliquent essentiellement aux bâtiments neufs, ils peuvent aussi concerner les ouvrages existants dans certaines conditions. Ainsi, les règles parasismiques s’imposeront en cas de remplacement des planchers, de création de niveaux intermédiaires, d’extension ou de surélévation. Sans compter les réglementations incendie, accessibilité, thermique… C’est en tenant compte de toutes ces dispositions réglementaires que sera élaboré le projet des travaux modificatifs.

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