Enjeux Coup de griffe

Pas bientôt fini, ce « bordel » ?

Au début, tout allait bien. Le 4 octobre, Emmanuel Macron visitait le campus de l’Ecole d’application aux métiers des travaux publics (EATP), à Egletons (Corrèze). Le temps d’une rencontre apaisée avec les élèves et les entrepreneurs des TP. Jusqu’à ce que tout bascule. Imaginez la scène : une poignée de journalistes confinés dans une pièce pour suivre les échanges sur un écran. Un aparté d’Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, absolument inaudible pour ces téléspectateurs un peu spéciaux. Une phrase du président de la République, cette fois parfaitement perceptible. Est-il nécessaire de la rappeler ? On ne voudrait pas rajouter au « bordel »…

Si elle était certes maladroite, violente diront certains, comment qualifier la réaction de plusieurs confrères journalistes ? Ceux qui ont levé le nez de leur smartphone pour se ruer sur cette petite phrase : « Il parle de qui ? », « Génial », « Ça va faire le buzz » ! Pas une interrogation sur le pourquoi de cette véhémence, de ces mots. Encore moins sur la façon dont on pouvait les réemployer sans en faire tout un « bordel », mais en parlant du fond : les difficultés des salariés de GM&S sur le point d’être licenciés et qui manifestaient non loin de là, celles de la fonderie Constellium à Ussel, qui peine à embaucher, celles des travaux publics qui manquent de bras.

A l’issue de la journée, beaucoup de médias ont oublié ces jeunes élèves passionnés par leur futur métier (mais les intéressaient-ils ?). Peu ont parlé de la réforme de la formation et de l’apprentissage, lancée ici, le jour même. Aucun n’a entendu le soulagement des TP quand le président leur a promis du « boulot ». Dans la course à l’audience, seule la polémique a compté. Le pire, c’est que ça a marché ! Pendant plusieurs jours, les curieux qui tapaient « Macron » et « EATP » dans Google y retrouvaient une liste d’articles pleine de « bordel ». Pas très glorieux pour une profession qui entend éclairer le citoyen sur les sujets majeurs de notre temps.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X