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Paris-Rive-Gauche Adoption du PAZ modifié

Mots clés : Association et mouvement associatif - Démocratie locale - Droit de l'urbanisme - Rénovation urbaine

L’opération franchit une nouvelle étape. La concertation avec les associations va se poursuivre.

Le 7 juillet, le conseil de Paris a approuvé la modification du Plan d’aménagement de zone (PAZ) de la ZAC Paris-Rive-Gauche et le programme modifié des équipements publics, les deux réserves formulées par la commission d’enquête ayant été levées (voir encadré). Les modifications portent essentiellement sur des améliorations qualitatives (préservation du patrimoine, quasi doublement des espaces verts…) et sur la part plus importante réservée aux locaux universitaires (de 80 000 m2 à 130 000m2), les grands principes d’aménagement adoptés en 1991 étant maintenus (« Le Moniteur » du 5 juillet 1996 p. 105).

Lors du débat, l’opposition municipale s’est félicitée des quelques avancées obtenues mais a déploré que le parti d’aménagement de la ZAC et l’économie générale du projet n’aient pas été remis en cause. Gisèle Moreau (PC) estimant « qu’on va vers un désastre financier et un échec urbain et architectural » a réclamé l’élaboration d’un troisième PAZ. Jean-Marie Le Guen, nouveau député socialiste du XIIIe arrondissement, a dénoncé « l’obstination autour d’un projet technocratique marqué par la pensée unique et le refus du dialogue ».

Les élus de l’opposition ont également regretté la « précipitation et la hâte » avec laquelle la modification du PAZ a été soumise au conseil de Paris. Sur ce dernier point, Anne-Marie Couderc, adjoint au maire chargé de l’urbanisme, a indiqué que la ville était tenue de respecter certains délais pour que la déclaration d’utilité publique (DUP) puisse intervenir avant le 30 novembre. Elle a aussi précisé que certains travaux urgents, comme la construction du collège, étaient suspendus à l’adoption du PAZ.

Pour Anne-Marie Couderc, ce vote marque une nouvelle étape dans la réalisation de la ZAC. « Nous disposons d’un cadre de travail général qui fixe les grandes orientations en laissant de larges plages pour des adaptations ultérieures. Il revient maintenant à la ville et à l’aménageur avec le concours du comité de concertation de préciser le contenu des quartiers », explique-t-elle.

Autre motif de satisfaction : l’intérêt grandissant des opérateurs pour Paris-Rive-Gauche. Selon Anne-Marie Couderc, les cinq promoteurs qui ont signé des promesses de vente pour 80 000 m2 de bureaux seraient en contact avec des utilisateurs potentiels parmi lesquels Nathan, Lamy, Le Figaro, la Gendarmerie nationale, France Télécom ou l’INPI… Par ailleurs, les discussions se poursuivent toujours avec l’OCDE qui pourrait s’implanter sur la ZAC sur 80 000 m2. « Nous attendons aussi que la nouvelle équipe au pouvoir confirme les engagements du précédent gouvernement sur ce dossier », souligne l’adjoint chargé de l’urbanisme.

La ville attend aussi les décisions de l’Etat relatives à l’implantation d’un pôle universitaire. Dans une lettre à Jean Tibéri, le nouveau ministre de l’Education nationale, Claude Allègre a souligné « l’intérêt qu’il voit à une réservation foncière importante dans le plan d’aménagement de zone » . Et un voeu a été voté par le conseil de Paris demandant que des études sur ce sujet soient engagées le plus rapidement possible entre la ville de Paris et l’Etat.

PHOTO : Le nouveau PAZ va notamment permettre d’engager la construction du collège prévu dans la ZAC Paris-Rive-Gauche.

ENCADRE

Le difficile apprentissage de la concertation

A la suite de l’enquête publique, qui portait également sur la déclaration d’utilité publique de l’opération et sur les travaux d’investissement routier, le commissaire enquêteur a émis un avis favorable assorti de deux réserves et de dix recommandations.

La principale réserve portait sur la création d’une cellule permanente de concertation et la tenue d’une grande réunion publique avant la fin de 1997. Pour y répondre, Anne-Marie Couderc, adjoint au maire chargé de l’urbanisme et Jacques Toubon, maire du XIIIe arrondissement et président de la Semapa ont installé, le 15 avril, un « comité permanent de concertation » . Doté de 1 million de francs, il regroupe des représentants de la Semapa, des services de la ville et des associations concernées par l’opération ainsi que des personnalités qualifiées. Un garant, le préfet Gilbert Carrère a également été nommé. Avant le conseil de Paris, il s’était déjà réuni à quatre reprises, une cinquième réunion étant prévue le 10 juillet. Les associations qui contestent le projet sur le fond, estiment qu’elles n’ont pratiquement rien obtenu et qu’elles ne peuvent faire des propositions que sur des détails, mais elles souhaitent pourtant la pérennité du comité. Anne-Marie Couderc reconnaît que l’apprentissage de ce nouveau mode de concertation est difficile «car on ne part pas de zéro . Mais, ajoute-t-elle, il y a eu un effort de plus grande explication et donc de meilleure compréhension ».

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