Régions

Paris-petite couronne Georges Rigaud : « Avec nos entreprises,nous sommes sur tous les fronts »

Mots clés : Apprentissage - Démarche environnementale - Développement durable - Efficacité énergétique

Georges Rigaud vient d’être réélu président de la FFB région Paris Ile-de-France, qui regroupe Paris et les départements de Petite Couronne. Il évoque les priorités de son nouveau mandat : l’apprentissage, la conjoncture dans le bâtiment francilien.

Quelles sont vos priorités pour ce nouveau mandat ?

Je compte orienter mon action autour de cinq axes. En premier lieu, je veux intensifier la communication auprès de tous les publics (jeunes, parents, professeurs, presse) en relais de la grande campagne nationale qui va démarrer à la mi-février à la télévision. Puis je souhaite renforcer la politique des mandats, particulièrement en cette année d’élections prud’homales. La 3e priorité est la poursuite d’actions pour aider les entreprises à recruter, notamment en favorisant la création d’un GEIQ (groupement d’employeurs par l’insertion et la qualification) en Ile-de-France. Il faut encourager la participation des jeunes dirigeants au sein d’instances professionnelles en tenant compte de leurs impératifs familiaux. Enfin, nous devons préparer les entreprises au défi de la construction de 60 000 logements par an en Ile-de-France.

En octobre, vous avez signé une convention d’objectifs avec la Ville de Paris dans le cadre de son plan climat. Des actions ont-elles déjà été mises en œuvre ?

L’un des objectifs de cette convention est d’inciter les Parisiens à réaliser des travaux d’économies d’énergie. Nous avons d’abord décidé de cibler les propriétaires occupants de logements équipés d’un chauffage individuel. Il s’agit de les sensibiliser à une approche globale des économies d’énergie en leur proposant des bouquets de travaux ainsi qu’à l’idée de faire un diagnostic préalable. Deux modules de formation viennent de démarrer pour aider les entreprises à développer cette offre : le premier, généraliste, sur l’offre énergétique globale ; le second, sur la maîtrise d’un outil de diagnostic performant. Un 3e module, plus technique, sera bientôt mis en place. Cette approche globale induit un décloisonnement entre corps d’état, ce qui représente une petite révolution pour nos entreprises.

Avez-vous évalué le potentiel que représentent ces travaux d’économies d’énergie ?

C’est un gisement de travaux très important pour les entreprises. Il est difficile de donner des chiffres précis mais on peut parler d’un montant de travaux de 200 à 400 euros par m2 sur vingt ans.

En revanche, nous risquons de nous heurter à l’insolvabilité des Parisiens. Sans aides substantielles, il n’est pas certain qu’ils engagent ce type de travaux ou alors ils arbitreront au détriment d’autres travaux. Tout dépendra donc des aides mises en place par la Ville de Paris et d’autres opérateurs. A la fédération, nous avons commencé à répertorier les aides existantes : crédits d’impôts, aides de l’Anah, de l’Ademe… Et nous avons recensé pas moins de 35 cas de figure différents. Il va être difficile de communiquer sur ce sujet.

Par ailleurs, nous devons convaincre les chefs d’entreprises de s’intéresser à ces travaux d’économie d’énergie. Comme la conjoncture est plutôt porteuse pour le moment, beaucoup n’en font pas un objectif prioritaire. A nous de les convaincre que c’est un marché intéressant. L’adaptation des logements parisiens à la lutte contre le réchauffement climatique sera une œuvre de longue haleine.

Quels sont les autres dossiers en cours avec la Ville de Paris ?

La signature de cette convention nous a permis de reprendre contact avec la mairie de Paris d’une façon plus régulière. Yves Contassot, adjoint au maire de Paris chargé de l’environnement, nous a confirmé sa volonté de travailler ensemble sur l’approvisionnement en matériaux et l’évacuation des déchets. Du fait de la densité du tissu parisien, c’est un sujet complexe et douloureux pour les entreprises car beaucoup se font verbaliser souvent de manière tatillonne.

Le Salon de l’apprentissage vient de se tenir. Quelle est la situation dans les CFA franciliens de la profession ?

La situation est plutôt satisfaisante. On recense près de 10 000 jeunes dans nos CFA, soit une hausse de 13 % par rapport à l’an passé et de 42 % sur les dix dernières années. On constate aussi une forte progression des formations de l’enseignement supérieur.

La signature d’un contrat d’objectifs et de moyens (COM) pour le développement de l’apprentissage n’était-elle pas envisagée avec la région ?

Avec les autres fédérations du BTP franciliennes – la FFB région Ile-de-France (78, 91, 95), le BTP 77, la FRTP et la Fédération parisienne des SCOP du BTP –, nous avons rédigé un projet de COM BTP. Nous avons envoyé il y a deux mois environ une lettre de relance au conseil régional. A ce jour, nous n’avons toujours pas obtenu de réponse. Ceci étant, nous entretenons des relations assez efficaces avec les services du conseil régional : nous n’avons à nous plaindre ni du financement des CFA, ni de la cartographie d’ouverture de nouveaux établissements…

A votre avis, quelles sont les raisons de ce blocage ?

Des divergences de vues existent sur le financement mais surtout sur les questions d’insertion. Les entreprises sont d’accord pour former des jeunes mais s’ils sont déjà sociabilisés. J’estime que leur apprendre à se lever le matin, à respecter les horaires… ne relève pas de notre compétence. C’est pourquoi nous sollicitons nos entreprises pour la création d’un GEIQ, la fédération ne pouvant intervenir que comme facilitateur. Il aura notamment un rôle à jouer dans l’opération « 10 000 jeunes bâtisseurs » lancée par la ministre du Logement. Il s’agit d’intégrer 100 jeunes par département, issus en priorité des quartiers sensibles.

L’objectif est-il difficile à atteindre ?

Au regard des 8 000 emplois nets créés dans le bâtiment en Ile-de-France en 2007, nous devrions y parvenir, mais nous sommes très sollicités et devons faire face à des télescopages d’opérations analogues menées par les départements par exemple. Avec nos entreprises, nous sommes sur tous les fronts.

Quelles sont les prévisions d’activité pour le bâtiment francilien en 2008 ?

Pour 2008, les prévisions font état d’une hausse de l’activité d’environ 3 %, sachant qu’en 2007, le chiffre d’affaires a atteint 25,57 milliards d’euros, en progression de 3 %. Globalement, j’ai le sentiment que nos entreprises ne vont pas mal même s’il y a des exceptions. Les carnets de commandes sont bien remplis. Mais comme je l’indiquais à propos des travaux d’amélioration énergétique dans les logements parisiens, je crains que l’on n’arrive à un stade d’insolvabilité de nos clients.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X