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Paris Le Louxor se prépare à une seconde jeunesse

Mots clés : Architecte - Architecture - Enfance et famille - Manifestations culturelles

Salle mythique de cinéma conçue par l’architecte Henri-Pierre Zipcy en 1920-1921, Le Louxor, à l’angle des boulevards de Magenta et de La Chapelle (Xe arrondissement), va reprendre son activité. Transformé en boîte de nuit, il avait été fermé en 1987. La façade néo-égyptienne, typiquement Art-Déco, est classée à l’Inventaire des monuments historiques. Les mosaïques, exceptionnelles, ont été fabriquées par Gentil et Bourdet.

D’une surface totale de 2 000 m2, le cinéma comprend une grande salle de 1 000 places. Le programme, calibré pour une bonne viabilité de l’exploitation, en prévoit trois : une de 300 places, et, creusées en sous-sol, deux salles, l’une de 150 places, l’autre de 70 à 80 places.

Des fondations à renforcer

Plusieurs niveaux de difficultés se croisent pour mener à bien cette réhabilitation confiée à l’architecte Philippe Pumain, associé à Fabre et Speller. A commencer par les fondations. La structure de béton (1922) est appuyée en partie sur les caves d’un ancien immeuble haussmannien, en partie sur des structures spécifiques au niveau bas des caves. « Les fondations ne sont pas homogènes. Le sous-sol est constitué de remblais et d’anciennes carrières. La solution est de renforcer les fondations et de créer un réseau de micropieux pour aller chercher un sol dur à 25/30 m », explique Philippe Pumain.

Autre difficulté : la structure en béton. « Calculée aux normes des années vingt avec des matériaux et des aciers de l’époque, elle ne tient pas les surcharges et n’assume pas la stabilité aux vents ou à la neige », poursuit l’architecte. Solution : respecter la structure en la renforçant avec des techniques de reprise par plats carbones ou plats aciers.

Enfin, il y a aussi un problème d’acoustique : de l’extérieur vers l’intérieur – pour voir un film sans entendre le bruit du métro – et à l’inverse, avec les immeubles mitoyens, sans parler des transmissions solidiennes (un bruit au bas de la structure est transmis sur l’ensemble). La solution retenue est celle des boîtes à ressorts.

Equipement culturel de quartier

Reste le problème des décorations. A l’extérieur, la tâche a été dévolue à Christian Laporte, architecte du patrimoine. Le parti pris est une restauration la plus proche de l’origine. Les mâts disparus inspirés de l’art égyptien seront restitués. Le porche d’angle, fermé, va redevenir une extension de l’espace public. Le but : disposer d’un cinéma mais aussi d’un café-club et d’un espace d’exposition. Le Louxor devient ainsi un équipement culturel animant tout le quartier. Pour les décorations intérieures, on s’achemine vraisemblablement vers une restitution ou vers une restauration partielle si les éléments retrouvés le permettent. Le Louxor réhabilité sera livré en 2012, après deux ans et demi de travaux.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ville de Paris (mission cinéma). Maître d’ouvrage délégué : Agence des grands travaux de la ville de Paris.

Architectes : Philippe Pumain avec Fabre et Speller, architecte du patrimoine : Christian Laporte.

BET : Brizot-Masse et Louis Choulet.

Economiste : Delporte-Aumont-Laigneau.

Acousticien : Vivié.

Scénographe : Scene.

Conservation des décors : Cartel Collections.

Budget de l’opération : 26 millions d’euros TTC.

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