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Panoplie de coffrages et 75 000 étais pour le stade national de Varsovie

Mots clés : Bois - Établissements sportifs couverts - Matériel - Equipement de chantier - Sport

Alpine a utilisé des coffrages en panneaux modulaires à peau bois pour ses voiles, ses dalles et ses poteaux.

Lille, Nice, Paris, Marseille… les villes de France préparent leurs stades pour l’Euro 2016. Quand ici le gros œuvre bat son plein, les chantiers polonais et ukrainiens qui, eux, accueilleront l’édition 2012 de la compétition, s’achèvent. Ces pays ont fait sortir de terre des arènes flambant neuves comme le stade national de Varsovie, en Pologne, comptant 55 000 places assises. Comme pour la plupart des stades couverts, le point d’orgue du chantier a été le levage des éléments de toiture. L’opération a eu lieu début 2011 : un réseau de 70 km de câbles pesant quelque 2 000 t et se rejoignant autour d’une aiguille centrale a été hissé à 30 m au-dessus du sol. Ce filet métallique a ensuite été recouvert d’une membrane, mais auparavant le groupement d’entreprises mené par l’allemand Alpine a coulé du béton. Beaucoup de béton…

Coffrages en panneaux modulaires

La quasi-totalité des coffrages a été fournie par le fabricant allemand Peri. Pas de banches métalliques pour les voiles, comme on le fait en France, mais des coffrages en panneaux modulaires à peau bois selon l’habitude germanique. « Le coffrage modulaire convient bien à ces formes complexes car il est constitué de plusieurs panneaux de différentes tailles qu’il est facile d’assembler en de multiples formes », explique Olivier de Parisot, directeur commercial de Peri France, qui cherche à promouvoir cette technique dans notre pays. Effectivement, les panneaux de la gamme Trio utilisés sur ce chantier se déclinent en trois hauteurs sur plusieurs largeurs pour arriver à une vingtaine de tailles qui se combinent entre elles. Ce matériel dicte le rythme du chantier. Les Français font rapidement tourner leurs banches et coulent très fréquemment. Les compagnons allemands, eux, passent plusieurs jours à assembler un grand coffrage et bétonnent moins souvent. Les détracteurs de cette technique lui font trois reproches. D’abord les coffrages en panneaux modulaires offriraient une qualité de parement moindre que les banches métalliques. « C’est faux, s’insurge Olivier de Parisot, les peaux en bois donnent d’excellents rendus. En plus elles sont plus faciles à entretenir et à remplacer que les peaux métalliques. » Ensuite les coffrages par assemblage de panneaux modulaires supporteraient moins de pression que les superpositions de banches métalliques. Cela limiterait la hauteur des voiles. « La pression admissible dépend du matériel que vous utilisez et de la taille des panneaux. Mais je peux vous assurer que les 12 m de haut sont souvent dépassés ». Enfin, et surtout, les coffrages par assemblage de panneaux modulaires n’intègrent pas les équipements de sécurité. Echelles et consoles sont des éléments à part qui s’installent à la fin. C’est ce point qui rebute le plus les Français. Peri l’a compris et propose depuis peu ses panneaux Trio avec sécurité intégrée, comme sur une banche métallique traditionnelle, en espérant ainsi lever les réticences.

Des milliers de Multiprop

Pour les coffrages de dalles aussi, le stade de Varsovie a choisi une option technique qui correspond bien aux habitudes allemandes : les étais individuels sont préférés aux tours d’étaiement. Ici ce sont 75 000 étais qui ont été dressés ! Cela représente à peu de chose près le nombre d’étais disponibles en France ! Là encore cela s’explique par les différences de culture. Les tours d’étaiement protègent les compagnons en intégrant échelle et garde-corps. Pas l’association d’étais et de poutrelles qui, en revanche, a l’avantage d’être entièrement mise en place à la main sans faire appel à une grue, d’autant que le modèle utilisé par Alpine est un Multiprop en aluminium qui monte à 5 m mais ne pèse que 20 kg. Peri a également fourni les coffrages de poteaux pour les quatre niveaux de parkings souterrains du stade. Alpine a choisi le modèle Quattro : un coffrage de section carrée ou rectangulaire qui, une fois réglé, se déplace d’un seul coup de grue avec ses étais, son échelle et sa console. Car, sur ce modèle, les sécurités sont bien intégrées à la structure du coffrage, comme sur les banches françaises. Comme quoi les habitudes de part et d’autre du Rhin ne sont pas inconciliables. Gilles Rambaud

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