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Où en est le grand paris ?

Mots clés : Architecte - Architecture - Collectivités locales - Eau - Métier de la construction - Politique du logement - Rénovation urbaine - Services urbains - Transport collectif urbain

Quatre ans après le lancement de la réflexion sur le Grand Paris et la métropole du xxie siècle par le Président de la république, il faut reconnaître qu’en matière de planification et de projets territoriaux, « les lignes ont bougé » en Ile-de-France. C’est bien sûr – partie la plus spectaculaire – l’adoption l’été dernier du tracé du Grand Paris Express, nouveau métro rapide avec ses 155 km et ses 57 gares, qui bénéficiera d’ici 2 025 d’un investissement faramineux de 32 milliards d’euros. C’est aussi – de façon plus discrète – l’élaboration de « Contrats de développement territorial », contrats en cours de négociation entre l’État et les collectivités locales, pour déterminer des objectifs communs de développement économiques et démographiques, et – entre autre – la localisation des 70 000 logements annuels à construire prévus par la loi relative au Grand Paris. Mais c’est aussi le dynamisme renouvelé des acteurs locaux pour s’emparer des opportunités d’aménagement autour des fameuses gares et, au-delà, s’imaginer leur propre futur. Il reste que dans cette profusion d’initiatives et de projets actuels, les grandes lignes d’actions établies en 2008-2009 par les équipes d’architectes-urbanistes ne devront pas être oubliées : stopper l’étalement urbain, valoriser les terrains délaissés, densifier l’existant, favoriser la mixité sociale et des programmes, diversifier l’habitat, réévaluer la présence de la nature et de l’eau, travailler avec les paysages… La relance de l’Atelier international du Grand Paris par une nouvelle consultation fin 2011 devrait y contribuer

Le 10 octobre dernier, le Grand Paris revenait sous les feux de l’actualité, avec une journée-bilan organisée à la Cité de l’architecture en présence du Président de la république, intitulée « Le Grand Paris, 4 ans après ». Une façon pour le chef de l’État de rappeler qu’il est à l’initiative du lancement de la réflexion autour du devenir à 20 ou 30 ans de la métropole parisienne. En septembre 2007, en effet, il innovait à sa façon : sans se préoccuper outre mesure des acteurs locaux précisément en charge de la planification de la région-capitale, il missionnait dix équipes internationales, conduites par des agences d’architectes-urbanistes épaulées par des experts et universitaires. Une première en France depuis un demi-siècle, période pendant laquelle les architectes ont été largement exclus des réflexions sur le territoire.

Après les espoirs suscités par la consultation – et l’exposition des propositions des dix équipes pendant six mois en 2009 à la Cité de l’architecture –, après le formidable écho dont a bénéficié le projet du Grand Paris à l’étranger, l’enthousiasme en France est retombé quelque peu. Le Grand Paris s’est bientôt résumé au tracé d’un métro rapide souterrain en rocade, desservant les première et deuxième couronnes, et reliant entre eux dix pôles stratégiques – surtout du point de vue économique – de l’agglomération. Un projet produit par le nouveau secrétaire d’État au Grand Paris, Christian Blanc, sourd aux propositions des architectes – qui, pour la majorité, défendaient l’idée d’un réseau de transport public en surface ou en aérien, plus générateur d’urbanité – et indifférent aux thématiques traitées : rapport ville-nature, densité et mixité, mutation et recyclage de l’existant, eau et biodiversité, identité et représentation. Les relations entre le secrétariat d’État et les équipes d’architectes resteront très épisodiques et marquées...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 210 du 01/11/2011
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