Architecture et urbanisme

Ordre des architectes Un président tourné vers l’offensive

Mots clés : Architecte - Architecture - Marchés privés

-Suite à la démission de cinq membres du bureau, Hervé Nourissat succède à la tête de l’Ordre à Jean-Claude Chamberlan.

Comment comptez-vous stabiliser la politique ordinale après les récents soubresauts ?

HERVE NOURISSAT. Sans revenir sur le passé, j’ai la volonté de redonner à l’Ordre des architectes une dignité, une crédibilité et une audience. Notre premier rôle est de restaurer la place de l’architecture dans la société. Cela nécessite l’adhésion et la participation de tous. L’Ordre doit écouter les architectes, individuellement ou à travers les conseils régionaux, et les différents syndicats, associations et mouvements.

Comment envisagerez-vous la réforme de la loi de 1977 sur l’architecture ?

La réforme de la loi de 1977, qui reflétait la situation des architectes dans les années 70, passe d’abord par une réflexion prospective sur notre adéquation aux nouvelles donnes de la société. Il faut adapter l’exercice libéral et envisager sereinement l’évolution des sociétés d’architecture. Pour répondre aux exigences des grands maîtres d’ouvrage et préserver la pleine capacité de maîtrise d’oeuvre de ces structures, elles doivent améliorer leur assise financière et intégrer de nouvelles compétences. Certaines sociétés par action permettraient aux architectes de conserver leur autorité de créateurs dans des formules associant des ingénieurs, des économistes, des juristes, voire des banquiers.

La réforme du permis de construire, si elle est remise à l’ordre du jour, peut-elle être une opportunité pour les architectes ?

Une réforme qui rendrait l’architecte responsable devant son client, à la place du maire, sur le droit du POS et le droit des tiers, renforcerait nécessairement son statut et lui ouvrirait de nouveaux marchés. Les permis de construire déposés par les architectes sont rarement refusés de leur fait. C’est donc que les architectes ont la compétence nécessaire. Il faudrait compléter celle-ci par une formation juridique ou par une association avec un juriste.

Quel pouvoir aurez-vous sur les conditions de l’ouverture prochaine des marchés ?

L’ouverture des marchés et les reconnaissances mutuelles des formation et des qualifications vont se négocier d’ici l’an 2000. Les architectes français jouent un rôle actif dans le Conseil des architectes d’Europe. Ils doivent en revanche renforcer leur présence dans les instances internationales.

Deux des retombées du contexte international pourraient être la licence d’exercice et la certification. Y êtes-vous favorable ?

Je crois que les entreprises d’architecture devront améliorer leur compétences par des démarches qualité, qui doivent leur être adaptées. Quant à la licence d’exercice, elle existe partout ailleurs qu’en France, ce qui constitue pour nous un handicap. Rapidement, nous pourrions être amenés à la créer et à mettre en place les stages post-diplôme appropriés.

La formation continue devrait-elle acquérir un caractère régulier et obligatoire ?

Cette question mérite d’être débattue mais je suis personnellement favorable à cette obligation. L’Ordre pourrait d’ailleurs en profiter pour délivrer une carte annuelle d’exercice, attestant la compétence dont il est garant.

Pensez-vous intervenir sur la loi Mop ?

Nous veillerons à ce qu’elle soit mieux appliquée, et préservée intégralement dans la future simplification du Code des marchés publics. Par ailleurs, il ne me semble pas impossible d’obtenir du législateur qu’une mission de base soit également rendue obligatoire dans les marchés privés. Cela servirait la qualité du paysage français et franchement, à qui cela porterait-il tort ? L’équité voudrait que cette mesure soit assortie d’une « aide architecturale » à l’attention des maîtres d’ouvrage les plus modestes. On pourrait procéder ici par analogie avec « l’aide judiciaire » qui a fait ses preuves.

Comment conduirez-vous la politique d’ouverture que vous escomptez ?

Pour devenir une force de proposition, l’Ordre doit écouter les architectes et étudier les dossiers en amont. Je viens déjà de proposer à François Barré de recentrer les débats des prochains Rendez-vous de l’architecture sur la place de l’architecture et les architectes dans la société. Au niveau des conseils national et régionaux, nous travailleront sur trois thèmes transversaux : les marchés, la formation, et les structures professionnelles. Ces trois dossiers sont étroitement liés et correspondent à notre souci de ne pas préjuger des réformes à entreprendre. J’entends préférer la prospective à la simple réactivité : la profession doit, elle même, définir et développer ses problématiques. C’est dans ce cadre qu’elle saura vraiment comment réagir.

Outre son président, le bureau de l’Ordre comprend : Philippe Blanchard, Muriel Goroneskoul et Jean-François Quelderie, vice-présidents ; Jacques Escourrou, trésorier, Alain Fabrega, secrétaire.

PHOTO : Hervé Nourissat

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