Enjeux François Bertière, président de Bouygues Immobilier.

« Nous sommes le syndicat de défense de nos clients ! »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Logement social

Coworking, loi Elan, HLM, logement connecté… Bouygues Immobilier se montre offensif en ce début d’année.

Comment anticipez-vous l’année 2018 ?

Comme tous les promoteurs, nous avons connu une bonne année 2017 (lire encadré, p. 19) . Et en 2018, les fondamentaux du marché ne bougeront pas : les taux d’intérêt resteront bas, le Pinel et le PTZ sont prorogés durant quatre ans, la sortie du Pinel en B2 se fait en douceur, le moral des Français s’améliore… Nous devrions donc obtenir les mêmes niveaux de vente que l’an passé. A condition que nous soyons capables de produire de l’offre à un prix convenable.

Anticipez-vous des tensions sur les prix ?

Depuis trois à quatre ans, la production a fortement augmenté et les prix sont restés raisonnables [+ 1,8 % sur un an selon la FPI]. Une bonne nouvelle, car nos clients font partie de la classe moyenne, dont le pouvoir d’achat a plutôt stagné.

Je note des pressions sur le coût des travaux. Avec le lancement des chantiers des Jeux olympiques et du Grand Paris Express, les carnets de commandes des entreprises se remplissent ; elles sont en surchauffe et ont du mal à embaucher. Du coup, elles en profitent pour reconstituer leurs marges. Par ailleurs, le foncier reste rare. Sur n’importe quel terrain, une trentaine de promoteurs font des offres.

Et les collectivités locales ne sont pas les dernières à faire augmenter les prix…

« Baisser la TVA sur le logement intermédiaire fera augmenter in fine le prix des terrains à bâtir ».

Afin de réduire les prix de sortie, la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers milite pour une TVA à 10 % sur le logement intermédiaire (contre 20 %)…

A l’instant T, cette mesure pourra effectivement les faire baisser. Mais je rappelle que le prix du foncier est calculé à l’envers, en fonction du prix de vente des logements, TVA incluse. J’obtiens le prix d’achat d’une parcelle en déduisant les coûts des études, les coûts de commercialisation, les coûts généraux… et en enlevant ma marge. Si la TVA passe à 10 %, dans deux ou trois ans, les promoteurs auront intégré cette baisse, et elle nourrira in fine la hausse du prix des terrains.

Le choc de l’offre, promis par le gouvernement et mis en scène dans le projet de loi Evolution du logement et aménagement numérique (Elan) aura-t-il lieu ?

Créer un choc de l’offre demeure très compliqué.

Le gouvernement peut faciliter les procédures et améliorer la lutte contre les recours abusifs. Mais comment penser qu’un projet de loi puisse faire baisser le prix des terrains ? Certains estiment qu’Elan manque d’ambition....

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5967 du 16/03/2018
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