Régions Urbanisme

« Nous sommes dans le flou le plus total face à la loi SRU »

Mots clés : Education - ERP sans hébergement - Industriels du BTP - Urbanisme - aménagement urbain

1,8 Md€ investi par la métropole Nice Côte d’Azur dans ses 49 communes depuis sa création, en 2012. NCA

4 000 bâtiments niçois ont des façades enduites de ciments teintés dans la masse. Source : Vicat

1 Md€ investi par le département des Bouches du Rhône sur des chantiers menés dans ses 135 collèges d’ici à 2027.

SPÉCIAL HLM

Fin juin, Jean-Claude Gaudin, le président (LR) de la métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), a transmis au préfet les demandes de 28 communes qui souhaitent être exonérées de sanctions pour non-respect de l’article 55 de la loi SRU. Ce dernier leur impose en effet un minimum de 20 % à 25 % de logements sociaux. Arlette Fructus, vice- présidente (UDI) de la métropole déléguée à l’habitat et à la politique de la ville, regrette cette décision et présente les engagements de sa collectivité en faveur du logement.

Pourquoi le président de la métropole a-t-il transmis cette demande de dérogation ?

Un décret du 5 mai 2017 relatif à la loi Egalité citoyenneté a ouvert la boîte de Pandore en offrant des possibilités d’exemption de sanction pour les communes insuffisamment desservies par les transports collectifs ou pour celles dont plus de la moitié du territoire urbanisé est non constructible. Aussitôt, les maires se sont engouffrés dans la brèche : 23 d’entre eux ont demandé à bénéficier de la mesure car ils estiment leur commune insuffisamment desservie par les transports en commun quand cinq autres ont argué d’un problème d’inconstructibilité. Nous sommes dans le flou le plus total. Ce décret remet en cause le travail accompli avec les services de l’Etat et les maires depuis début 2016. Ce partenariat avait abouti à la signature de contrats de mixité sociale avec 38 des 42 communes carencées de la métropole. Une dynamique positive était engagée… Ce texte est vécu comme un retour en arrière.

La métropole va engager l’élaboration d’un programme local de l’habitat (PLH). Quels en seront les objectifs ?

Le PLH actuel n’est que la somme des anciens PLH des six intercommunalités fusionnées au sein d’AMP. Ce document prévoit la production de 12 000 logements par an. En 2016, nous avons agréé 5 000 logements sociaux, soit 40 % de la production régionale. Cette performance est inédite puisqu’au cours des trois années précédentes nous connaissions un rythme annuel de 3 000 à 3 500 logements. Dans le nouveau PLH, nous devrons prioriser les réponses que nous souhaitons mettre en œuvre pour satisfaire les différentes demandes, notamment celles émanant des actifs. Comment, en effet, espérer un développement économique si les salariés et les jeunes ne trouvent pas de toit ? Il faudra évidemment veiller à la territorialisation de cette politique : savoir où et quoi construire en appréciant l’ensemble des enjeux, notamment la desserte en transports.

Qu’en est-il des copropriétés dégradées ?

Un nécessaire travail de remise à niveau nous attend. A Marseille, nous comptons 360 copropriétés privées de plus de 100 logements dont une douzaine dégradées. Elles bénéficient ou vont bénéficier d’interventions publiques lourdes, à l’instar de la cité Bellevue, engagée depuis des années dans un plan de sauvegarde. Sont aussi concernées Bel Horizon, Le Mail, le parc Kallisté, le parc Corot… L’Etat doit nous aider dans cette tâche. Il faut aussi mobiliser l’ensemble des partenaires comme l’Anah ou l’Anru sur le parc social.

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