Régions Strasbourg, Robert Hermann, président de la communauté urbaine

« Nous ne voulons annuler aucun des projets prévus »

Mots clés : Etat et collectivités locales

Le président (PS) de la Communauté urbaine de Strasbourg entend profiter du nouveau statut de métropole pour accroître le rayonnement politique et économique à l’international de Strasbourg.

Le 1er janvier 2015, la Communauté urbaine de Strasbourg deviendra Eurométropole. Cela s’accompagnera-t-il d’une évolution des compétences ?

Dans un premier temps, le passage à l’Eurométropole relèvera plus d’une modification de posture que de statut, même si nous gagnerons déjà un certain nombre de compétences : participation aux pôles de compétitivité, aménagement et gouvernance des gares, gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations… Mon souhait est d’ouvrir au plus vite un groupe de travail avec le département afin d’envisager, d’ici à 2017, le transfert à l’Eurométropole de la totalité des compétences exercées par le conseil général sur le territoire de celle-ci, comme cela se pratique déjà à Lyon.

Qu’attendez-vous de l’Eurométropole en termes de développement économique ?

Strasbourg, du fait de son statut de capitale européenne, a toujours bénéficié d’un rayonnement politique international. J’ai annoncé, au début de mon mandat, mon souhait de créer, en parallèle, une diplomatie économique. L’ensemble des études montrent que, si notre agglomération apparaît comme accueillante et bénéficie d’importants investissements en capitaux étrangers, son image reste sous-développée à l’international. Avec l’Eurométropole l’enjeu sera de montrer le visage d’un territoire d’excellence en termes d’offre universitaire, de pôles de recherche, de cadre de vie… Cela doit permettre à Strasbourg de prendre sa place naturelle de capitale de la région du Rhin supérieur, dans une logique d’alliance avec Bâle.

Cette transition institutionnelle s’effectue dans un contexte budgétaire très tendu. Quel sera l’impact de la baisse des dotations sur vos investissements ?

Pour la seule Communauté urbaine de Strasbourg, la diminution des dotations atteint 11 millions d’euros par an sur la période 2015-2017, avec un impact sur l’investissement de l’ordre de 30 %. Nous continuons de privilégier une politique d’investissements, à hauteur de 200 millions d’euros pour 2015, l’argent dépensé en travaux étant générateur d’activités et donc d’emplois. Notre volonté est de n’annuler aucun des projets prévus mais, pour certains d’entre eux, tel le Parc Expo, d’en lisser le financement ou de les reporter. Nous maintenons en priorité les investissements déjà lancés, comme le Palais de la musique et des congrès, et ceux qui peuvent attirer de nouvelles entreprises : quartier d’affaires international du Wacken ou dépollution de l’ancienne raffinerie de Reichstett, qui constitue notre plus grande réserve foncière. Nous avons aussi la volonté de maintenir les programmes de logements, notamment ceux initiés sur l’axe des Deux-Rives. Pour les travaux publics, le budget des voiries communautaires sera mis à contribution, à hauteur de 25 % en 2015. Nous sommes en contact avec l’Etat pour qu’il accélère la mise en œuvre du grand contournement ouest (GCO), de manière à ce qu’il puisse y avoir un relais d’activité. Et nous avons aussi sollicité nos SEM pour qu’elles puissent jouer les amortisseurs pour les entreprises du BTP.

Et l’impact sur les réseaux de transport ?

Certains projets de nouvelles lignes de tram seront retardés, d’autres pourront être remplacés par des bus en site propre, qui offrent eux aussi, et pour un coût d’investissement bien moindre, un grand confort et une sécurité horaire. La baisse des dotations nous incite à trouver de nouvelles solutions pour assurer nos missions de service public.

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