Enjeux Entretien avec Christophe Caresche, P-DG de la Société de valorisation foncière et immobilière (Sovafim) et de la Foncière publique solidaire.

« Nous achèterons pour 50 M€ de terrains en 2018 »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gestion et opérations immobilières

La Foncière publique solidaire porte des parcelles pour y faire construire des logements.

La Foncière publique solidaire n’a acquis aucun terrain en 2017… Pourquoi ?

Alors que nous avions budgété 5 M€ d’acquisitions en 2017, nous n’avons effectivement acheté aucun foncier l’an passé. Nous espérions notamment acquérir une parcelle publique, mais le processus est toujours en cours. Cette lenteur s’explique par de multiples raisons. Alors que la valeur de terrains particulièrement complexes à aménager reste assez faible, les propriétaires publics se trouvent dans une logique de forte valorisation, notamment par crainte d’être accusés de brader les biens de l’Etat. En parallèle, l’organisation complexe en matière d’immobilier de l’Etat révèle l’ambiguïté de la puissance publique : d’un côté, elle souhaite valoriser plein pot ses terrains et, de l’autre, elle veut favoriser la construction de logements sociaux. En 2017, nous avons étudié les listes de terrains à céder publiées par les préfets. Une partie de ces biens était déjà cédée ou en cours de l’être. Pour nous, la véritable année test sera 2018. Sur 120 M€ de capacité d’investissement, nous en avons budgété 50, avec l’ambition d’acheter des terrains pour y construire environ 5 000 logements.

Comment comptez-vous atteindre cet objectif ?

Nous avons identifié une quinzaine de terrains que nous pensons pouvoir acquérir rapidement. En parallèle, nous avons fait le tour des métropoles. En Ile-de-France, nous avons rencontré des maires, des conseillers départementaux…

D’ailleurs, nous signerons prochainement un partenariat avec le conseil départemental des Yvelines. L’idée consiste à déterminer, avec le département, la société d’économie mixte interdépartementale d’aménagement Citallios et le bailleur social Les Résidences, un certain nombre de terrains que l’on pourrait acheter pour y construire des HLM.

Souhaitez-vous développer des partenariats avec les bailleurs sociaux ?

C’est en réflexion. L’idée consiste à voir comment nous pouvons les aider à faire face à la hausse des prix des terrains et à la baisse de leur capacité d’autofinancement [liée à la réduction des APL, NDLR]. Aujourd’hui, nous travaillons avec les organismes de logements sociaux au coup par coup, terrain par terrain : ils proposent du foncier, nous étudions le dossier. Tous les terrains des zones A, Abis et B1 nous intéressent. Et nous aimerions formaliser ce processus à une plus grande échelle pour les aider à construire.

N’est-ce pas l’objet de la décote pouvant atteindre 100 % ?

Dans les faits, elle demeure marginale [un terrain en 2016, selon le ministère de la Cohésion des territoires, NDLR].

De plus, le critère permettant de définir le niveau de réduction peut être arbitraire, puisqu’il varie selon l’équilibre financier de l’opération : si un organisme HLM dispose des fonds propres pour acheter la parcelle, il n’y a aucune raison pour qu’il bénéficie d’une décote. Nous aimerions qu’un décret soit publié afin de déterminer de façon objective le montant de la décote qui permettrait d’atteindre des prix de sortie fixés au préalable.

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La genèse de la Foncière

Thierry Repentin, président de la Commission nationale de l’urbanisme et du foncier (Cnauf), a préfiguré la Foncière publique solidaire mais il ne la préside pas. En mai 2017, celle-ci est entrée dans le giron de la Société de valorisation foncière et immobilière (Sovafim), pilotée par l’ancien député (PS) Christophe Caresche.

Début 2018, « Le Canard Enchaîné » dressait un bilan négatif de l’activité de la Foncière publique solidaire : outre qu’elle n’a acheté aucun terrain, elle aurait des rapports difficiles avec la direction de l’immobilier de l’Etat (DIE), selon le journal satirique.

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