Régions

Nice Une extension à 900 millions de francs

Le projet n’attend plus qu’une inscription au 12e Plan.

L’extension du port de Nice est à nouveau à l’ordre du jour. Et ce pourrait bien être le grand projet économique et touristique de la Côte d’Azur de la prochaine décennie.

Depuis des mois, le gestionnaire du site, la CCI Nice Côte d’Azur, et la ville formulent le même constat : sous le double effet de la croissance du trafic Corse (grâce à l’arrivée des NGV) et des croisières, le port de Nice va rapidement toucher ses capacités maximales d’accueil : 900 000 passagers Corse, 100 000 passagers croisière dès 2003, selon une étude confiée il y a quelques mois à des cabinets spécialisés (Seamar Engineering et Bermello et Ajamil à Miami).

Pour parer au plus pressé, un programme d’adaptation des infrastructures actuelles a été engagé par l’Etat et la CCI (100 millions de francs environ) et se poursuit. Mais ce sera insuffisant pour aller plus loin. « L’enjeu est clair, note Laurent Monsaingeon, directeur des Ports de la CCI. L’arrêt du développement du port de Nice signifie inéluctablement perte de part de marché au profit des autres ports en Méditerranée, risque d’être délaissé par les opérateurs et chute des retombées sur l’économie locale. »

Or incontestablement, Nice et les deux autres ports, Villefranche (port en eaux profondes) et Cannes (croisières haut de gamme) ont une carte à jouer. Les atouts logistiques (aéroport), les équipements touristiques, la qualité des sites sont évidents.

Nice, au centre de la Méditerranée occidentale, a la possibilité d’offrir des itinéraires en tête de ligne. Mais il faut impérativement aménager les installations portuaires.

A Cannes, un programme de développement court depuis plusieurs années : ses prochaines étapes sont l’aménagement de la digue du large pour les petits navires de croisière (32 millions de francs) et celui d’un nouveau terminal passagers (38 millions de francs) pour 2001.

A Nice, le scénario d’extension de la CCI prévoit une digue de 450 m (certainement sur le principe de la digue semi-flottante retenu à Monaco). Coût : 900 millions de francs TTC. Ainsi agrandi, le port pourrait recevoir jusqu’à 1,5 million de passagers Corse, 350 000 passagers croisière; et beaucoup mieux exploiter le marché de la grande plaisance. Les retombées sont alléchantes : de 300 millions de francs actuellement (port, activité hôtelière et commerciale seulement, hors BTP), on passerait progressivement de 600 millions à plus de un milliard par an en dix ans. Si le projet est inscrit au 12e Plan, les travaux pourraient débuter d’ici trois ou quatre ans (pour réunir une partie du financement un engagement du privé, c’est-à-dire des compagnies, est étudié, permettant de minimiser la part de l’Etat, le partenaire qui sera le plus difficile à convaincre).

Le coût de l’extension

Digue : 460 millions de francs.

Démolition partielle : 40 millions de francs.

Terre-plein et môle : 90 millions de francs.

Equipements : 50 millions de francs.

Superstructures : 100 millions de francs.

Total : 740 millions de francs HT, 900 millions TTC.

PHOTO : Une digue de 450 m sera établie au droit de la digue actuelle pour accueillir des navires jusqu’à 300 m de long.

PLAN : La ville, en accompagnement du projet du port, prévoit une série d’interventions sur les espaces publics et la création de plusieurs équipements (parkings notamment).

ENCADRE

POINT DE VUE Francis Perugini « Nice et Marseille doivent jouer la complémentarité »

Le président de la CCI Nice Côte d’Azur évoque le dossier.

Les ports de Nice et de Marseille peuvent-ils soutenir parallèlement des projets lourds de développement de la croisière ? Il est navrant de constater qu’actuellement les compagnies n’identifient ni Nice, ni Marseille comme des ports bases satisfaisants. Il me paraît important que ces deux ports se positionnent de façon complémentaire sur ce secteur en forte croissance , avec leurs atouts portuaires et aéroportuaires, leurs ressources hôtelières et leurs destinations propres : Côte d’Azur et Provence. Les enjeux communs sont beaucoup plus importants que les oppositions apparentes.

Qui seront les partenaires financiers de l’extension du port de Nice ?

L’Etat, propriétaire, la CCI Nice Côte d’Azur ont présenté à la région, au département, et à la ville de Nice un projet qui reçoit un consensus favorable. Les études en cours vont nous permettre de déterminer la part des financements privés supportables par l’exploitation et donc le complément aux fonds publics.

Quelle stratégie de l’Etat se dessine ?

J’ai soumis en mai dernier à Claude Gressier, directeur des Ports au ministère de l’Equipement, l’analyse économique de ce projet majeur, et dois le rencontrer à nouveau. Il est évident que l’Etat vise le développement économique durable du territoire à travers l’extension du port. Il faut aussi rappeler que ce port participe à la mission stratégique de continuité territoriale avec la Corse, et que l’activité croisière est désormais reconnue comme un axe touristique majeur. Les recommandations que nous avons reçues de l’Etat nous incitent à examiner avec soin l’insertion du projet dans son environnement urbain et à offrir une concertation publique ouverte à toutes les communautés concernées.

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