Autres Logement

Nexity bouscule les idées reçues

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP

C’est une erreur de croire que Nexity est un producteur de logements. Son P-DG, Alain Dinin, ambitionne de devenir l’un des « accompagnateurs d’une société qui bouge ». Le promoteur immobilier, qui affirme détenir 12 % du marché français, compte y parvenir en investissant 20 millions d’euros dans des projets innovants dès 2015, soit plus de 10 % de son résultat opérationnel courant de 2014 (184 millions). « Je lance des études qui, dans trois à quatre ans, devraient me permettre de changer ma façon de travailler », explique le P-DG.

Achat d’un logement en deux temps

Alain Dinin est prêt au changement et il n’a pas peur de bousculer les habitudes des Français. « Demain, la problèmatique du logement ne sera-t-elle pas simplement une question de l’usage et plus seulement de la propriété ? », interroge-t-il. En ce moment, le P-DG fait plancher ses équipes sur l’accession à la propriété démembrée. « C’est une sorte de location avec option d’achat », explique Jean-Philippe Ruggieri, directeur général immobilier résidentiel du promoteur. Dans ce modèle, la nue-propriété (la propriété du bien sans la jouissance) serait vendue à un fonds institutionnel de type assurance-vie ou OPCI. L’usufruit, ou l’usage du bien, appartiendrait à l’occupant pour un prix variant entre 40 et 50 % de la valeur du logement. Ce dernier aurait dix ans pour lever l’option d’achat et acquérir la pleine propriété. « Ce produit s’adresserait aux ménages n’ayant pas assez d’apport pour financer une acquisition traditionnelle. Ils acquerraient un logement en deux temps », expose Jean-Philippe Ruggieri. Et si le propriétaire occupant ne lève jamais l’option d’achat, il pourrait tout de même revendre l’usufruit… à condition de trouver preneur. Avant de lancer cette offre (entre 3 000 et 4 000 logements par an) le promoteur doit supprimer plusieurs freins. D’abord, le prêt à taux zéro n’est aujourd’hui accessible qu’aux ménages achetant en pleine propriété. Et en cas de décès de l’usufruitier, la pleine propriété revient automatiquement au nu-propriétaire, pas aux héritiers. « Nous sommes en négociation avec le gouvernement pour changer ces règles », assure Jean-Philippe Ruggieri.
En parallèle, le promoteur va également déployer un système de parkings partagés sur plusieurs immeubles de logements et de bureaux qu’il construit ou gère pour réduire, à terme, le prix d’acquisition d’un logement. Il se lance aussi dans la construction d’habitations dotées d’espaces modulaires et évolutifs destinés à accueillir des colocataires.

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