Actualité

Narbonne : la Via Domitia mise en valeur

Mots clés : Conservation du patrimoine

En juillet 1996, la ville lance un concours d’idées pour rendre piétonne une des plus belles places de la ville, surplombée d’un ensemble monumental des XIIe, XIIIe et XIVe siècles : le palais des Archevêques, avec ses donjons et ses tours. Les travaux commencent en janvier dernier. La ville a décidé de profiter de ce chantier pour en traiter un autre : la rénovation des réseaux d’assainissement, en particulier un égout romain bouché depuis de nombreuses années. Des éléments médiévaux ou romains apparaissent.

Mais, le 7 février, une pelleteuse met soudain à jour, à deux mètres de profondeur, un vestige d’une toute autre importance : les dalles de la Voie Domitienne. Cette mise à jour n’étonne pas les services techniques de la ville, pas plus que les représentants des Antiquités historiques, déjà quotidiennement sur le chantier : un important carrefour de la voie romaine entre Italie et Espagne était situé à proximité.

Mais, nécessairement, le chantier s’arrête. Pourtant, il va reprendre rapidement. Ainsi, l’entreprise qui traite la voirie redémarre une semaine plus tard et celle qui traite le pavage, une semaine et demie. Au total, le calendrier des travaux n’aura été allongé que d’un mois.

Un rassemblement de volontés et un concours de circonstances ont permis d’éviter les faux-pas. Très vite, responsables de la direction régionale des Affaires culturelles, élus et techniciens multiplient les réunions. Des fouilles sont rapidement menées dans un site qui n’avait pas été exploré depuis 1891. Plusieurs hypothèses apparaissent : réaliser un moulage des dalles de la Voie Domitienne en vue d’une exposition, reboucher en préservant ainsi les vestiges, ou bien les rendre visibles en installant un oculus. Seule préoccupation des experts des Antiquités : sauvegarder ces restes.

C’est pourtant une quatrième formule qui s’impose : laisser la portion de la Via Domitia à l’air libre. Régis Martin, architecte, a dessiné un petit forum autour de la Voie Domitienne. Du niveau de la place, laissé en l’état, une murette en pierre et deux volées de marches permettent d’accéder au vestige romain, ainsi laissé à la libre admiration de chacun. Les travaux, d’un montant de 10 millions de francs, viennent de s’achever. Sans plus d’encombres : « Tout le monde a joué le jeu », se réjouit Eric Martin.

PHOTO

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X