Management et prévention santé au travail

Nanomatériaux : un outil de gestion graduée des risques

Les nanomatériaux sont au cœur des évolutions technologiques à venir. Le secteur du BTP est concerné par l’arrivée sur le marché de peintures, de mortiers ou de matières isolantes utilisant des nanomatériaux dans leur formulation. Si l’évaluation des risques liés à ces substances reste incertaine, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) propose une démarche pour prévenir les risques professionnels. Gérard Lasfargues, directeur général adjoint scientifique de l’Anses, évoque cette méthode de « gestion graduée des risques ».

Où en est-on dans la connaissance des risques liés aux nanomatériaux ?

Les connaissances précises sur la toxicité des nanomatériaux manquent aujourd’hui. En termes de santé et de sécurité au travail, il n’est pas encore possible de réaliser une évaluation quantitative des dangers et des expositions aux nanomatériaux. Sur un plan strictement expérimental, il est possible de relever un certain nombre de dangers : inflammation, lésions dans l’ADN…
Dès 2008, la France a exprimé son souhait de proposer un projet de norme au niveau international visant à l’élaboration d’une méthode de maîtrise de risques en fonction des propriétés physico-chimiques et toxicologiques des nanomatériaux. L’Anses a ainsi été chargée par le ministère de la Santé, de rédiger un rapport d’expertise (1).

Vous avez développé à une méthode de « gestion graduée des risques ». Quelle est-elle ?

La méthode de « gestion graduée des risques », appelée également control banding, est un instrument développé dans l’industrie pharmaceutique puis chimique qui combine évaluation et gestion des risques. Il a été mis en place pour guider la gestion des risques dans un contexte d’incertitude (danger des nanomatériaux et des niveaux d’exposition). Concrètement, les nanomatériaux sont classés dans des « bandes » de danger, allant de 1 à 5, définies en particulier à partir des niveaux de danger des produits chimiques connus ou similaires.
Nous croisons ensuite les « bandes » de danger avec des « bandes » de potentiel d’émission prenant en compte la forme physique (solide, liquide…) du nanomatériau utilisé. Cela nécessite un inventaire des activités pour chaque poste de travail.
Le croisement de ces deux bandes aboutit à un niveau de maîtrise de risque.

Cet outil est-il utilisable pour toutes les entreprises ?

Oui. Il est utilisable par les acteurs de la prévention des risques à condition qu’ils aient conscience de ses limites ! La gestion graduée des risques n’est qu’un outil au service du management du risque.

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(1) Ce rapport est consultable sur le site www.anses.fr

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