Architecture

MUSÉE DU LOUVRE ABU DHABI

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles - Musées - galerie - Tourisme

C’est un musée universaliste mettant en regard toutes les civilisations, qu’a conçu Jean Nouvel dans la capitale des Emirats arabes unis. Le bâtiment puise ses références dans la culture urbaine et architecturale arabe, pour offrir au visiteur une oasis ombragée, et ventilée par la brise marine.

Même si Jean Nouvel défend depuis longtemps une architecture dite « contextuelle », le musée du Louvre d’Abu Dhabi en représente, dans sa production, l’une des formes les plus abouties. Pourtant l’exercice ne s’y prêtait guère, le « contexte », au sens naturel du terme, consistant ici en un terre-plein de sable gris, d’une platitude infinie et désertique, plombé par le soleil et une lumière crue, à plusieurs encablures du centre de la ville, face au vent et aux eaux du Golfe Persique. Dès lors, que faire dans un tel environnement ? Franck Gehry, convié parmi une flopée de Prix Pritzker(1) à construire un autre musée sur un terrain voisin, s’est posé moins de questions, proposant un remake, en plus mégalo, du Disney Center de Los Angeles.

Nouvel a lui recueilli toutes les données physiques et matérielles du site pour les concentrer – sinon les fusionner – en un lieu-bâtiment, plutôt ramassé, où s’interpénètrent le sable, l’eau, le vent et le soleil, sur et sous la coupole d’acier ; mais aussi entre les gros cubes blancs abritant les salles d’exposition. Et ce qui étonne peut-être le plus dans ce bâtiment renfermant un échantillonnage de la culture artistique mondiale(2), c’est cette cohabitation du précieux, du fragile, avec la force brute des éléments naturels.

La lumière faite ornement

Le musée se présente comme un fragment de ville, avec ses rues, ses places et ses maisons, le tout sous une ombrelle géante qui créé un microclimat. On peut sortir des salles d’exposition, à l’air libre, protégé du soleil par la coupole et rafraîchi par l’eau et le vent. « Il s’agissait de faire appartenir le musée à l’histoire et à la géographie du lieu, indique Jean Nouvel. Et de proposer un archétype urbain pour que les visiteurs se retrouvent dans une architecture arabe d’aujourd’hui. Mais ce n’est pas du pastiche, on s’est servi d’éléments historiques pour ancrer le bâtiment dans la modernité. » Deuxième élément de surprise, l’importance accordée aux espaces de circulation, ce réseau de ruelles, de patios et de places agrémentées de fontaines, de bassins ou de végétation. Le contact visuel est presque constant avec les eaux du Golfe Persique qui, marée aidant – plus d’un mètre de marnage viennent sous la coupole lécher les soubassements des bâtiments ou les emmarchements de l’esplanade principale, d’où l’on peut observer le mouvement des bateaux du port et, plus loin, la skyline de la ville. « C’est un bâtiment qui appartient aussi bien au désert qu’à la mer », résume l’architecte.

La déambulation dans les espaces de circulation offre ainsi une promenade, un parcours entre le minéral des bâtiments, l’eau de la mer, la lumière filtrée par la coupole et la bise marine qui s’engouffre dans les ouvertures latérales. C’est, en soi, une expérience à vivre,...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 266 du 11/02/2018
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