[TO] Règles techniques

Mise en sécurité des installations électriques

Mots clés : Electricité - Rénovation d'ouvrage - Sécurite des ouvrages

-Trois questions à Bernard Poteau, responsable des opérations sécurité électrique à Promotelec.

Quelle est la différence entre mise en sécurité et mise en conformité ?

La mise en sécurité consiste seulement à éviter que les installations électriques existantes n’électrocutent les occupants ou ne mettent le feu, sans prendre toutefois en compte les besoins des utilisateurs. Les dispositions à mettre en oeuvre sont rappelées dans le guide Promotelec «mise en sécurité de l’installation électrique». La mise en conformité va plus loin puisqu’elle suppose de respecter la norme NF C 15-100. Or, que se passe-t-il dans la pratique ? Lorsque les occupants d’un logement très ancien s’adressent à un électricien pour avoir une idée des travaux à effectuer, celui-ci répond souvent qu’il faut tout refaire, par culture professionnelle. Les travaux en restent là, car les clients ne souhaitent pas aller aussi loin. L’idée du « Visa Promotelec », qui va être proposé à partir du 1er janvier 1998, est de garantir une mise en sécurité des installations électriques à partir d’un référentiel précis. Le montant moyen des travaux pourrait être compris entre 6 000 et 12 000 francs par logement. Une aide financière à la sécurité de 1 500 francs au maximum sera accordée par EDF après délivrance du visa Promotelec.

D’après vos estimations, quel est le nombre d’installations ne répondant pas aux règles de sécurité ?

Nous estimons que 9 des 28 millions d’installations existantes sont potentiellement dangereuses. Pourquoi ce chiffre ? Parce qu’elles correspondent à des réalisations d’avant 1970 caractérisées par un vieillissement, des règles anciennes, l’absence de contrôle. Par ailleurs, la mise en place du Consuel (1) sur l’ensemble du territoire national est intervenue à cette même époque. Toutefois, il est encore trop tôt pour donner un chiffre précis. C’est pourquoi nous avons mis en place un diagnostic, depuis 1995, qui nous permet de faire remonter les informations et d’enrichir une base de données. Ce diagnostic doit être suivi d’une enquête nationale auprès d’un échantillon représentatif afin d’avoir une image de l’ensemble de l’habitat. Nous devrions avoir une appréciation plus claire de la situation au milieu de l’année 1998.

Faut-il aller jusqu’à un contrôle des installations existantes, comme c’est le cas pour les automobiles ?

Le contrôle des installations totalement rénovées est pratiqué dans la majorité des départements. Les pouvoirs publics projettent, à terme, de le rendre obligatoire sur l’ensemble du territoire. Il pourrait être institué un diagnostic dans des cas bien précis : changement de locataire ou de propriétaire par exemple. Quant à établir un diagnostic périodique, attendons les travaux menés par l’observatoire de la sécurité électrique.

(1) Consuel : Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité.

PHOTO :

Bernard Poteau : 9 millions d’installations potentiellement dangereuses.

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