[TO] Règles techniques

Mise en oeuvre de mortier sous l’eau

-Rejointoiement de perré et ragréage de bajoyers.

Les entreprises rhodaniennes Tournaud à Irigny et Freyssinet à Saint-Genis-Laval sont confrontées au problème d’un travail très proche de l’eau, voire sous l’eau. Elles ont choisi un mortier spécifique, mis au point pour la réparation et le ragréage des bétons soumis à des atmosphères agressives : le Sikatop SF 126. Au programme : d’une part, la remise en état des 1 000 m de perré du confluent entre Rhône et Saône à Lyon avec le piquage des joints défectueux et leur rejointoiement ; d’autre part, le ragréage d’un total de 200 m2 des bajoyers (1) de l’écluse de Couzon-au-Mont-d’Or, sur la Saône, avec l’installation de trente-deux bollards (2) incorporés.

« La mise en oeuvre d’un mortier dans la zone de batillage (3), de marnage ou carrément sous l’eau, impose un produit à prise rapide qui accroche bien – l’adhérence du SF 126 sur béton ou mortier est supérieure à 3 MPa sur surface rugueuse – et ne se délave pas », explique Denis Rouvière, responsable du centre de travaux génie civil de Tournaud. Au confluent, après sablage, l’application sous-marine du mortier se fait à l’aide d’une pompe péristaltique afin de faciliter le travail du plongeur et dans un souci d’économie du produit. Une buse permet de garnir les joints jusqu’à une profondeur de 10 cm, sans coffrage, en une seule passe grâce aux fumées de silice.

« Compte tenu de la modestie des surfaces ponctuelles des bajoyers à ragréer, ce mortier est préféré au béton projeté. Après sablage, il est appliqué manuellement, à la taloche tout simplement, en veillant à bien serrer le mortier », complète Joël Peynet, chargé d’affaires chez Freyssinet. Le Sikatop SF 126 est également utilisé pour le ragréage des trente-deux niches de bollards intégrés aux bajoyers, ainsi qu’au matage derrière chaque bollard. Avantage : la remise en eau est quasi immédiate après application, sans gêne pour la navigation.

Ce mortier hydraulique spécial à base de résine et de fumées de silice se présente en kit prédosé de 14 ou 35 kg, avec un premier composant liquide de couleur blanche (résine en émulsion et additifs spécifiques), et un second en poudre de couleur grise (ciment PME ES, charges spéciales, fumées de silice). Au final, dans la proportion de 1 pour 6, le mortier est de couleur grise, spécifiquement blanchi à la demande de Voies navigables de France pour le chantier du confluent afin de mieux s’intégrer à la couleur général des pierres constitutives du perré et de son couronnement.

Autre atout convaincant en période hivernale (les travaux seront achevés fin 1997-début 1998) : la température d’application, qui peu ou prou se rapproche de 0 °C, n’est aucunement contre-indiquée. En dessous de 10 °C, l’effet des retardateurs est inhibé et l’accélérateur contenu dans la formulation se déclenche pour limiter les effets du froid et réduire le temps de prise du mortier.

(1) Parois latérales d’une chambre d’écluse. (2) Système d’amarrage des bateaux implanté dans un quai. (3) Déferlement des vagues de sillage d’un bateau contre la berge d’un cours d’eau.

FICHE TECHNIQUE

Maître d’ouvrage : VNF, direction régionale de Lyon.

Maître d’oeuvre : VNF, service navigation Rhône-Saône.

Entreprises : Tournaud (perré), Freyssinet (bajoyers).

Montants respectifs : 813 000 francs TTC et 1,368 million de francs TTC.

Délai de réalisation : trois mois.

photo : Les travaux qui s’opèrent en zone de marnage nécessitent l’intervention de plongeurs.

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