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Métro de Rouen : la station de la discorde

Mots clés : Conservation du patrimoine - Services urbains - Transport collectif urbain

Quand, au début des années 90, sont présentés les premiers projets du métro rouennais prévoyant une tranche ouverte sur toute la longueur de la rue Jeanne-d’Arc, l’une des artères principales de la ville entre la gare SNCF et la Seine, le ministère de la Culture émet un avis négatif. Parmi ses raisons : la richesse du patrimoine souterrain traversé sur environ 1 kilomètre (un amphithéâtre, un château médiéval, trois églises, etc.). Le choix d’un tunnelier travaillant sous les niveaux archéologiques est donc adopté.

En mars 1992, au terme de discussions entre les aménageurs (le Sivom de l’agglomération) et la Drac de Haute-Normandie, une convention-cadre est signée entre l’Etat, le Sivom et l’Afan intégrant les prescriptions archéologiques au projet. Mais la ville demande finalement le déplacement de la station (initialement prévue à l’angle de la rue Jean-Lecanuet) vers la place Foch, face au Palais de Justice.

La problématique change alors du tout au tout. « Nous avons beaucoup retravaillé en amont, avec le maître d’ouvrage, avant de déposer le nouveau permis de construire. Le dossier devenait très compliqué tant au niveau technique (déplacement de réseaux notamment) que scientifique. Un partenariat intelligent a permis de prendre en compte les intérêts patrimoniaux liés à cette nouvelle donnée », commente Xavier Delestre, conservateur régional de l’Archéologie.

Une seconde convention a été élaborée en novembre 1993, pour définir les modalités techniques, les moyens à mettre en oeuvre et le phasage des opérations de fouilles. L’avis de Pascal Godon, directeur des transports du Sivom à l’époque et directeur général des services techniques de la ville depuis, diffère nettement : « Le surcoût du déplacement peut être évalué à 130 millions de francs, dont plus de 30 millions pour des fouilles archéologiques qui ont retardé le chantier d’environ vingt-deux mois. Ce montant correspond à trois années d’entretien de la voirie municipale d’une ville comme Rouen. En tant que citoyen, je m’interroge sur l’importance de ces montants, au regard des résultats finaux. En tant qu’organisme payeur, je dis qu’il s’agit d’une semi catastrophe financière ».

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