Technique et chantier

Matériaux de construction Redland accepte l’offre de Lafarge

Mots clés : Béton - Industriels du BTP - Produits et matériaux

-Le groupe français a augmenté son offre de 7,8 % à 17,7 milliards de francs. -Les dirigeants de Redland ont finalement décidé d’accepter cette OPA.

Après la recherche infructueuse d’un « chevalier blanc » capable de contrer Lafarge, puis l’hypothèse plus sérieuse d’une vente par appartements, Redland a finalement accepté l’OPA du groupe français. Pour cela, Lafarge a dû débourser 17,7 milliards de francs contre 15,9 milliards de francs pour l’offre initiale (1). Le succès de l’OPA de Lafarge coïncide avec l’élection de Bertrand Collomb au titre de « manager » de l’année par « Le Nouvel Economiste », et ce, 16 ans après son prédécesseur Olivier Lecerf. Force est de constater l’habileté avec laquelle le groupe français a su négocier : une offre faite au moment où le cours boursier de Redland était au plus bas, le pari de l’incapacité du britannique à trouver un repreneur pour l’ensemble des activités, l’attente patiente…

Si le pari de l’OPA est bel et bien réussi, il reste à Lafarge à relever le défi de l’intégration des activités de Redland. Il s’agit en effet d’un gros morceau : Redland représente un chiffre d’affaires d’un peu plus de 19 milliards de francs en 1996, 21 000 salariés ; il est implanté dans 35 pays. Le groupe britannique réalise 81 % de son chiffre d’affaires hors de Grande-Bretagne, 53 % dans les produits de couverture, 40 % dans les agrégats (100 millions de tonnes pour les granulats et 8 millions de m3 pour le béton prêt à l’emploi).

Nouveau métier dans un contexte difficile

Ainsi, le chiffre d’affaires de Lafarge devrait passer de 35,2 milliards de francs en 1996 à environ 60 milliards en 1997, avec l’adjonction d’un nouveau métier – les éléments de toitures et, principalement, les tuiles en béton et en terre cuite – et un renfort très important dans les granulats.

L’une des difficultés à laquelle doit s’attendre le groupe Lafarge réside dans la reprise de Redland Braas Building (RBB) et de ses 157 usines réparties dans 21 pays d’Europe. Il s’agit en premier lieu d’un nouveau métier pour le groupe. Ensuite, Lafarge ne contrôlera que 56,6 % d’une société de droit allemand, caractérisé par le pouvoir fort – contrairement à la France – que conservent les actionnaires minoritaires. D’autant que, parmi ces minoritaires se trouvent deux cimentiers allemands (Dyckerhoff et Schwenk) en plus de la famille Braas. Il faut souligner également que le marché allemand connaît une nette récession. Les premières déclarations du groupe français ont été bien accueillies par les actionnaires minoritaires…

Une redistribution des cartes en France…

L’autre défi du groupe concernera Redland Granulats SA, numéro un français des granulats (elle produit 30 millions de tonnes par an) et numéro 6 dans le béton prêt à l’emploi (1,8 million de m3 par an avec 50 centrales). « Il existe une grande différence de management en France des activités granulats et béton prêt à l’emploi entre Redland et Lafarge », a indiqué Bertrand Collomb qui juge – comme la plupart des acteurs du marché français – que l’héritage de Steetley, acquis par Redland en 1992, pèse lourd. Les carrières françaises ont été acquises à un prix trop élevé et disposent de réserves plus faibles que prévu. « Redland Granulats n’est pas très bien positionné en France », résume Bertrand Collomb, qui croit en revanche à la combinaison des deux sociétés. Il faut donc s’attendre à une forte redistribution des cartes dans l’Hexagone dans les mois à venir, avec notamment des pertes d’emplois.

Le gouvernement britannique examine un éventuel problème de concurrence en Grande-Bretagne dans le béton prêt à l’emploi où Lafarge est présent avec Ennemix et dispose de moins de 1 % du marché.

Des situations locales similaires pourraient également apparaître en France dans le béton prêt à l’emploi, essentiellement dans deux régions : l’Ile-de-France et le Sud-Est où les deux groupes sont bien implantés. Dans ce cadre, Lafarge pourrait être amené à rétrocéder dans les mois à venir quelques-unes de ces centrales.

(1) « Le Moniteur » du 17 octobre, p. 36.

GRAPHIQUE : UN GROUPE QUI PESE 60 MILLIARDS (chiffre d’affaires consolidé)

«Avec les produits de toiture de Redland, Lafarge ajoute une activité à plus forte valeur ajoutée sur les marchés mûrs», estime Bertrand Collomb. Jusque-là très orienté sur le ciment, Lafarge élargit ainsi sa palette d’activités.

TABLEAU : REDLAND PENALISE PAR LA RECESSION

RBB a mieux tiré son épingle du jeu européen l’an dernier que sa maison mère Redland Plc.

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