Régions

Marseille Le port veut durablement tirer parti du marché

Des investissements importants sont prévus.

« Port méditerranéen à fort potentiel », annonce l’étude de l’Afit. L’analyse des évolutions de trafic, tout autant que les efforts de la communauté portuaire organisée en Club de la croisière dynamique, révèlent une montée en puissance spectaculaire de Marseille.

En 1990, le port phocéen accueillait 9000 passagers ; en 1998, il a franchi le cap des 150 000 passagers et des 170 escales, et a réussi à attirer successivement Costa (le groupe américain Carnival), RCI, autre géant américain et ses très grands paquebots «Splendour» et «Enchantment of the Seas», «Festival», «Renaissance Cruise» ainsi que des escales de maxi yachts !

D’ores et déjà, l’aménagement des quais de la Joliette (pour des navires inférieurs à 200 m) est engagé, pour être opérationnel en 2001 : démolition du hangar longitudinal (du J4 au J2), démolition du hangar J2, reconfiguration des môles J2-J3. L’investissement est de 200 millions de francs, dont la moitié est financée par Euroméditerranée, impliqué dans cette opération de transformation du littoral urbain portuaire.

La prochaine étape est la création d’équipements pour permettre aux grands navires (plus de 250 m de long) de toucher Marseille dans de meilleures conditions.

Le principe de la réalisation d’un nouveau terminal croisières sur le môle Léon-Gourret a été décidé par les administrateurs du PAM. Pour l’heure, le coût de cet équipement n’est pas évalué, mais des études seront prochainement lancées et un concours d’architecture organisé dans la foulée. A l’extrémité de ce quai en eaux profondes, une nouvelle gare maritime de 3000 m2 verra le jour dès l’an 2000. Une enveloppe de 35 millions de francs sera consacrée à cette opération, avec l’aménagement de quais et l’amélioration des accès.

Dans l’immédiat, afin de répondre à la demande des opérateurs, le PAM réalise un équipement provisoire destiné à recevoir les escales du «Norway». Il s’agit d’une structure modulable, d’un coût de 3 millions de francs.

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A Marseille, la fréquentation a triplé en trois ans . Les aménagements en cours ont pour but d’améliorer l’accueil des passagers. Prochaine étape : la création d’équipements pour les grands navires.

Sur les quais de la Joliette, les travaux sont engagés : démolition du hangar longitudinal (du J4 au J2), démolition du hangar J2, reconfiguration des môles J2-J3.

SCHEMA : Un nouveau terminal croisières sera réalisé sur le môle Léon-Gourret (schéma ci-dessous). A l’extrémité du quai, une nouvelle gare maritime sera édifiée.

ENCADRE

POINT DE VUE Henry Roux-Alezais « Cap sur les 300 000 passagers »

Le président du port autonome parle des ambitions de Marseille.

Quelle place Marseille peut-elle occuper sur le marché des croisières ?

En 1990, Marseille n’existait pas sur ce marché. Aujourd’hui, notre retard sur des ports comme ceux de Barcelone ou de Gênes est comblé. Mon objectif est d’accélérer la montée en puissance pour parvenir à 300 000 passagers par an, dans cinq ans. Notre port est en train de devenir une place essentielle pour la croisière en Méditerranée. Ce n’est pas un hasard si le Norway nous a choisis comme tête de ligne.

Quelle est votre stratégie ?

Elle se fonde sur deux atouts. L’infrastructure portuaire répond techniquement aux besoins des compagnies maritimes. D’autre part, Marseille constitue une exceptionnelle porte d’entrée sur la Provence, la France et l’Europe. En outre, je fonde de gros espoirs sur l’arrivée du TGV à Marseille. Je souhaite faire arriver quelques rames au pied des bateaux, ce qui mettrait nos quais à trois heures de Paris ou d’Eurodisney. Aucun autre port de Méditerranée ne pourra offrir une telle prestation aux tour-opérateurs.

Quels sont les projets à moyen et à long terme ?

Les aménagements que nous réalisons aujourd’hui visent surtout à améliorer l’accueil des passagers. Reste que pour attirer les super-paquebots, de nouveaux investissements devront intervenir dans dix ou quinze ans. L’ouverture de nouvelles jetées à l’entrée de la rade est actuellement à l’étude. Cette opération, qui se chiffrerait en milliards de francs, ne pourra se réaliser que si le port de Marseille se positionne durablement sur les nouveaux marchés maritimes.

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