Technique et chantier

MAJORS Eiffage est resté déficitaire dans le bâtiment en 1998

Mots clés : Electricité - Entreprise du BTP - Industriels du BTP - Technique de construction

Le numéro quatre du BTP en France n’exclut pas de « grossir » dans l’électricité.

Premier des majors français du BTP à présenter ses résultats pour l’exercice 1998, le groupe Eiffage offre un tableau pour le moins contrasté. Son chiffre d’affaires consolidé a connu une croissance de 2,6 % l’an passé, à 33,6 milliards de francs, soit + 3 % à périmètre constant (du jamais vu depuis 1990 !), mais l’activité a à peine retrouvé son niveau de 1996, après avoir touché le fond en 1997.

En ce qui concerne les résultats (263 millions de francs), le président Jean-François Roverato note un « mieux » qui reste insatisfaisant : « Nous avons retrouvé des rémunérations normales dans la route, dans l’électricité, et dans l’immobilier après six années négatives, mais nous restons déficitaires dans le bâtiment, où le climat concurrentiel reste très difficile, notamment en Ile-de-France. Cependant, cette année, nous sortirons du rouge. » Principales pertes enregistrées : quelques gros chantiers parisiens comme le Palais des congrès, l’immeuble Cogedim de la rue du Dragon ou le siège de la Commercial Union.

Chute du génie civil

Si les contributions du bâtiment et du génie civil au résultat net du groupe s’équilibrent, cette dernière activité est en baisse de 8 %, et pourrait encore chuter de 13 % en 1999, puisque les commandes continuent de se réduire comme peau de chagrin. D’autant que le tunnel de l’A86 ne redémarrera au mieux qu’en fin d’année, si le nouveau contrat de concession de Cofiroute est signé d’ici là ! Une bonne nouvelle toutefois : le retour d’Eiffel (construction métallique), qui enregistre un petit million de francs de bénéfices après 70 millions de pertes en 1997.

C’est en réalité dans les métiers de la route et de l’électricité qu’Eiffage fonde ses principaux espoirs, à l’instar de son concurrent SGE (groupe Vivendi) il y a un an. SCR-Beugnet et Gerland ont en effet enregistré 160 millions de francs de bénéfices, plus forte progression dans le groupe, qui résulte en particulier de l’intégration de Beugnet dans SCR.

Forclum et Norelec ont de leur côté atteint un résultat de 125 millions de francs pour une hausse de 10 % du chiffre d’affaires, avec un renforcement de la part des clients industriels. « Nous souhaitons réaliser des acquisitions importantes dans l’électricité, en étudiant toutes les occasions qui se présentent », révèle Jean-François Roverato, « malgré la force de frappe importante d’EDF ». Une allusion au prochain rachat de Clemessy, dont les actionnaires auraient une préférence pour l’entreprise publique (voir p.23). A noter que parmi les derniers gros indépendants reste encore EI…

Enfin, l’international se maintient : le groupe commence même la construction de deux tours de bureaux à Manille, et est en discussion « encourageante » pour le redémarrage d’un chantier en Indonésie.

TABLEAU : Résultats du groupe Eiffage en millions de francs : l’électricité et l’immobilier prometteurs – Le chiffre d’affaires est notamment tiré par la reprise du bâtiment.

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