Régions

Lorraine La centrale de Cattenom intensifie ses relations de sous-traitance

Mots clés : Energie nucléaire - Réglementation des marchés

-Mise en place d’une grille d’évaluation des prestations et de contrats pluriannuels.

La centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) affine sa politique de sous-traitance, engagée plusieurs années avant la signature, en janvier 1996, de la charte nationale de progrès qui lie EDF à ses fournisseurs.

Le marché de la maintenance à Cattenom s’élève, chaque année, entre 400 et 500 millions de francs (495 millions en 1996) et concerne une large palette de corps de métiers : robinetterie, mécanique, plomberie, nettoyage, gestion des déchets, etc.

A la fin de cette année, une notation sur 20 permettra d’évaluer selon vingt-trois critères la prestation des entreprises inscrites au panel des fournisseurs de la centrale : instaurée depuis 1994 pour toute commande supérieure à 100 000 francs, la grille remplie conjointement par un technicien et un représentant du service achats retrace la qualité technique du prestataire, sa prise en compte des objectifs de sûreté, la bonne restitution du chantier, la transparence en cas de sous-traitance déléguée, ou encore la maîtrise des coûts. La notation impliquera des conséquences sur le statut du fournisseur.

Entre 14 et 20, il bénéficiera de priorités lors du renouvellement des contrats pluriannuels. De 10 à 14, il recevra ses commandes au coup par coup. Une note comprise entre 8 et 10 le maintiendra sous conditions dans le panel, dont il sortira s’il n’atteint pas 8.

Instaurer des relations de longue durée

Une volonté simultanée de réduire le nombre de sous-traitants, mais en instaurant des relations de longue durée, se traduit par le développement de contrats pluriannuels, d’une durée moyenne de trois ans. « De 50 % en 1996, la part dans le volume de commandes devrait passer à 70 % en 1999 », annonce Jean-Pierre George, responsable des achats.

A la fin de l’année, le renouvellement de tels contrats concernera principalement les domaines suivants : maintenance en propreté des tranches, surveillance du site, calorifugeage (coque métallique de protection), nettoyage des condenseurs, nettoyage des échangeurs à plaque.

La notion d’interrégionalité constituera une autre nouveauté à partir de l’année prochaine. Des consultations communes seront organisées entre les centrales de Cattenom, Chooz (Ardennes) et Fessenheim (Haut-Rhin). Les trois sites ont pour l’instant inscrit dans leur liste les calorifuges, les échafaudages, les « servitudes liées au bâtiment réacteur (BR) » – tri des déchets, décontamination, etc. -, l’instrumentation dans le coeur du réacteur, la manutention du combustible, la robinetterie, les générateurs de vapeurs, les pompes.

D’ici à l’an 2000, ces consultations concernent treize arrêts de tranche, et pourraient s’étendre aux centrales thermiques lorraines de Blénod, Richemont et La Maxe. « Nous lisserons la charge entre les trois sites, pour éviter l’accumulation des commandes sur une même période », explique Jean-Michel Hensch, directeur adjoint chargé de la maintenance à Cattenom.

Le 1er forum de la maintenance nucléaire, commun à Chooz et Cattenom, a donné le coup d’envoi de la démarche interrégionale. Dans l’espoir que la jeune centrale ardennaise marche sur les traces de sa grande soeur lorraine pour l’appel à la sous-traitance régionale : avec 73 % des prestations de service assurées en Lorraine au 30 septembre dernier, « nous nous approchons d’un taux maximal, compte tenu des commandes spécifiques à l’activité nucléaire qui font obligatoirement l’objet de consultations nationales », explique Jean-Michel Hensch.

PHOTO : La centrale fait appel à la sous-traitance régionale pour 73% des prestations de service – un taux jugé maximal.

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