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Logiciel BIM : faut-il passer à l’abonnement ?

Mots clés : Architecte - Logiciels - Outils d'aide

Alors que l’Unsfa a lancé une pétition contre l’abonnement, deux architectes témoignent. L’un trouve des atouts à ce nouveau modèle, quand l’autre ne jure que par la licence perpétuelle.

Il s’agit de deux agences de taille comparable, dont les équipes comptent cinq personnes, fondateur compris. D’un côté, Thibaut Robert, à la tête de TRAA, emploie trois architectes. Son agence traite des projets de type logements collectifs ou petits équipements, en neuf ou en rénovation, pour des budgets de 310 000 euros à 12 M€. De l’autre, Frédéric Denisart, gérant d’AMA Architectes, emploie dans les Ardennes trois architectes et un ingénieur. Il travaille sur des projets locaux, dont les budgets oscillent entre 100 000 euros et 7 M€. Le premier apprécie les mises à jour permanentes que l’abonnement lui assure. Quant au second, il estime que la propriété lui garantit de pouvoir consulter ses documents même après plusieurs années.

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« L'abonnement me garantit la version la plus à jour »

« Notre agence dispose de quatre postes de travail équipés de logiciels de conception pour travailler en BIM. Trois d’entre eux utilisent des licences, qui arrivent à échéance en 2018, le dernier dispose d’un abonnement à Revit [le logiciel BIM d’Autodesk, NDLR].

Ce dernier a été souscrit pour une durée de trois ans au tarif de 6 290 euros HT. Il représente donc un coût de 174 euros par mois, soit 1,20 euro de l’heure. L’ensemble est financé à 100 % par la banque.

L’amortissement est donc similaire à celui d’une licence. Il me semble stratégique d’utiliser la dernière version d’un logiciel. L’essentiel des dépenses d’une agence d’architecture concerne les salaires, et donc la matière grise. Il n’était pas envisageable d’obérer la compétence de l’équipe avec des logiciels qui ne sont pas à jour : un outil performant valorise nos compétences. A l’inverse, utiliser des logiciels de plus de trois ans limite la capacité d’innover.

Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on travaille en mode collaboratif.

Plus que le choix entre achat et abonnement, l’enjeu actuel concerne à mon avis la structuration des données au format IFC. Savoir organiser correctement les données dans ce format d’échanges standardisé nous rendra indépendants des logiciels et permettra de travailler sur un fichier plusieurs années après la fin du projet. »

Thibaut Robert, architecte et ingénieur, fondateur de TRAA, basée à Paris.

ENCADRE

« Il m'est capital d'être propriétaire de mon outil de travail »

« Notre agence dispose aujourd’hui de quatre licences perpétuelles d’ArchiCAD, acquises à des périodes différentes.

Elles sont vendues avec un contrat de maintenance sur trois ans, grâce auquel je reçois les mises à jour annuelles. La première licence m’a coûté 8 135 euros HT et la deuxième 6 190 euros HT, car les tarifs sont dégressifs. Cela représente un montant mensuel de 226 euros, soit 1,50 euro de l’heure pour la première. L’ensemble rentre dans le plan de financement. Il m’est capital d’être propriétaire de mon outil de travail. Les projets s’étalent sur plusieurs années, je dois donc conserver la capacité à travailler et à consulter mes documents sur le long terme. Je conserve un ordinateur et la clé de l’ancien logiciel de conception, afin de toujours pouvoir ouvrir et travailler sur d’anciens fichiers. Dans un modèle d’abonnement, je ne pense pas qu’un éditeur de logiciel pourra me donner accès à une version de son logiciel vieille de cinq ans, par exemple.

L’idéal est bien sûr de tendre vers l’IFC, le langage de partage d’information qui nous rend indépendants des logiciels. Par ailleurs, je n’utilise que trois postes de travail en ce moment.

Disposer d’une quatrième licence me donne donc de la souplesse lorsque j’accueille des stagiaires, au moins deux fois par an ou en période de surcroît d’activité. »

Frédéric Denisart, architecte, gérant d’AMA Architectes, basée à Charleville-Mézières (Ardennes).

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