Enjeux

Logements neufs : et si le marché était fragile ?

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Politique du logement

Malgré un premier semestre record, les promoteurs craignent un ralentissement des mises en chantier.

Tout semble aller pour le mieux du côté de l’immobilier neuf.

« La dynamique du marché est réelle. Elle reflète la croissance démographique et l’attachement des Français à la pierre comme actif », analyse Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). D’après les derniers chiffres de l’organisme publiés le 7 septembre, le nombre de réservations sur les 12 derniers mois est en hausse de 12,4 %, à 152 834 unités. Côté mises en vente, 111 605 lancements commerciaux ont été actés, en progression de 5,5 % sur la même période.

Vigilance. Malgré ces bons résultats, c’est la vigilance qui prévaut à la FPI. Le deuxième trimestre a affiché un marché à deux vitesses. Certes, « avec 37 387 lancements commerciaux et près de 66 000 depuis le début de l’année, le nombre de logements mis en vente n’a jamais été aussi haut depuis la création de l’observatoire en 2010 », reconnaît-on à la fédération. Mais le paysage s’assombrit quand on scrute le nombre total de logements réservés au deuxième trimestre 2017. « Après dix trimestres de hausse consécutive, nous constatons un léger fléchissement des réservations totales de logements. C’est une petite rupture », traduit Marc Villand, président de la FPI Ile-de-France.

Les réservations totales de logements ont légèrement fléchi au 2e trimestre.

Avec 40 121 logements vendus au détail, en bloc ou en résidences gérées, entre avril et juin 2017, les professionnels enregistrent un léger recul de 1,1 % sur un an. « Cette baisse de réservations est due au fait que les investisseurs sont dans l’attente », explique Alexandra François-Cuxac. Un attentisme directement lié à l’incertitude qui plane sur le dispositif Pinel, qui favorise l’investissement locatif, et le prêt à taux zéro, qui soutient l’accès à la propriété, selon la présidente de la FPI. Sans compter le flou autour du futur impôt sur la fortune immobilière. « Il est urgent de savoir si les acquéreurs vont pouvoir investir jusqu’à la fin de l’année. Cela implique de connaître les arbitrages précis », enjoint la présidente de la FPI. Pour le moment, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard a seulement exclu un « arrêt brutal » du Pinel.

Inflation et remontée des taux. Cette inquiétude est accentuée par le ralentissement des mises en chantier. Selon les derniers chiffres du ministère de la Cohésion des territoires, entre mai et juillet 2017, elles ont progressé moins vite (+ 7 %) qu’au trimestre précédent (+ 18 %). Autre donnée majeure : l’inflation dans le secteur. « Depuis deux ans, nous assistons à une augmentation des prix [+ 3,7% entre 2015 et 2017, selon les chiffres de la FPI, NDLR] . Jusqu’à présent, cela n’avait pas d’incidence véritable, mais depuis fin 2016, s’y ajoute une remontée lente des taux », analyse l’économiste Michel Mouillart.

Selon le dernier baromètre de l’observatoire Crédit Logement/ CSA, ceux-ci ont de nouveau augmenté au mois d’août, passant à 1,58 % en moyenne toutes durées confondues. Si les taux sont restés pratiquement stables d’avril à juillet, ils sont en hausse de 3 points en août, pour s’établir à un niveau supérieur de 10 points à celui d’août 2016, indique Crédit Logement. Mais cette remontée modeste est encore sans incidence sur la solvabilité de la demande, analyse l’observatoire.

Des permis de construire en progression. D’autant que quelques banques continuent à baisser leur taux, de 0,05 % à 0,15 %, note le réseau de courtiers en crédits immobiliers Vousfinancer. « Même si le climat peut paraître inquiétant, nous devrions atteindre une production record. Il n’y a pour l’instant pas péril en la demeure », tempère Sandrine Allonier, directrice des relations banques de Vousfinancer. En témoigne le nombre de permis de construire accordés entre août 2016 et juillet 2017 : 482 800, soit une hausse de 13,3 % sur un an. Un contexte qui, pour le moment, suscite de la prudence plus que de l’inquiétude.

152 834 réservations sur un an.

Mises en vente au 1er semestre 2017 : + 7 %.

Taux de crédit moyen en août : 1, 58 %.

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