Régions

Lille métropole Logement, développement économique et transport, le triptyque de Martine Aubry

Mots clés : Politique du logement - Situation économique - Transports

Martine Aubry succède à Pierre Mauroy, depuis le 18 avril, à la présidence de la communauté urbaine Lille Métropole. Forte d’un socle large, depuis les élus communistes jusqu’aux centristes du mouvement démocrate, elle a pu également compter sur le ralliement de l’essentiel des maires des petites communes rassemblées au sein de Métropole Passion Commune. Son concurrent, Marc-Philippe Daubresse, se retrouve isolé avec 32 voix, sur les 170 que compte l’assemblée. Au-delà des programmes, cette élection marque un tournant dans la gouvernance de la communauté urbaine. Lors du mandat précédent, Pierre Mauroy avait fait de l’ancien ministre du Logement du gouvernement Raffarin son premier vice-président, le maire de Lille se contentant de la deuxième place. Cette fois, Martine Aubry a souhaité un clivage politique en établissant un accord programmatique entre les partenaires communistes, socialistes, verts, radicaux et centristes (Modem), ainsi qu’avec le groupe de sept élus du maire de Villeneuve-d’Ascq, Gérard Caudron.

6 000 logements par an

Avec le ralliement de l’édile villeneuvois, le dossier du grand stade reprend de la vigueur. Remporté à la surprise générale par Eiffage, le projet va être construit sur la commune de Gérard Caudron, qui s’était pourtant opposé au choix de la communauté urbaine. « Les signataires se sont engagés à respecter le vote à 82 % en faveur de ce projet, rappelle Martine Aubry. Et nous allons maintenant travailler à réduire la facture globale pour la communauté. » Le programme de la nouvelle présidente repose sur le triptyque logement, développement économique et transport. Il vise à inventer « la forme urbaine de la métropole du XXIe siècle ». La nouvelle présidente entend marquer son mandat par la qualité des projets et la prise en compte du développement durable « de façon transversale, dans tous les projets ».

Augmenter la construction de logements est la grande priorité du maire de Lille. Ce sera également celle de la présidente de la communauté urbaine qui chiffre le besoin entre 6 000 et 8 000 par an, contre une production moyenne de 3 800 aujourd’hui. Martine Aubry propose notamment d’aller plus loin que la loi SRU en proposant aux 85 communes de LMCU d’atteindre 30 % de logement social dans les programmes neufs supérieurs à 20 ou 30 logements. Elle entend également densifier, en modifiant la règle du schéma directeur imposant deux tiers de renouvellement urbain contre un tiers d’étalement : l’objectif de 60 logements par hectare serait la nouvelle donne. Pour résoudre la crise du foncier, elle compte constituer un établissement public foncier métropolitain chargé des acquisitions.

Des zones d’activité fonctionnelle

Construire plus, plus dense, mais aussi plus écologique en exigeant une consommation énergétique de 50 kW/m2. an pour toutes les constructions neuves, d’ici à 2010, en accompagnant les propriétaires dans leurs travaux de rénovation. Les écoquartiers métropolitains seront soutenus et Martine Aubry souhaite en développer un « ayant 20 ans d’avance, pour atteindre l’excellence dans ce domaine ».

Chargée, lors du mandat précédent, du développement économique, Martine Aubry souhaite conserver la stratégie d’une zone d’activité fonctionnelle dans chaque grand territoire autour des pôles sur le textile innovant, la santé, la distribution et le commerce. Elle compte développer un nouveau pôle dédié à la filière écologique, qui offrirait une large place à l’éco-construction : « Nous pouvons devenir le premier pôle d’entreprises françaises de BTP qui sachent construire durable à un coût maîtrisé. » L’offre foncière économique aménagée sera ainsi portée à 300 ha par an.

Le point noir des transports

Les transports restent un point noir pour la métropole qui dispose pourtant du premier métro automatique français et de nombreuses infrastructures. Martine Aubry, soutenant les modes alternatifs à la route, veut introduire un service de 5 000 vélos en libre-service et de 500 voitures en auto-partage dans la prochaine concession de transport qui doit être conclue en 2009. De nombreux travaux de voirie seront à prévoir. Le gros chantier de doublement des rames de la ligne 1 du métro, programmé de longue date par la métropole, ne semble pourtant pas sa priorité. En revanche, les quatre lignes de tram-train – projet métropole – et le TER-GV à destination du bassin minier – prévu par le conseil régional – profiteront de la réouverture d’une gare à Lille-Sud que le maire de Lille porte activement.

Martine Aubry reste sceptique, en revanche, sur une troisième gare TGV à Seclin. Elle craint que ce nouvel équipement, qui a les faveurs de Marc-Philippe Daubresse et du président de la CCI, Bruno Bonduelle, entre en concurrence avec le « hub d’Euralille ».

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