Enjeux Conjoncture

Les TP surfent sur une nouvelle dynamique

Mots clés : Travaux publics

La crise du secteur a été longue, mais la page semble bel et bien tournée. La relance de l’activité amorcée en 2017 devrait être bien plus nette cette année.

Arbitrages sur les grands projets et loi d’orientation sur les mobilités au printemps, Assises de l’eau avant l’été… L’année commence à peine et l’agenda des TP est déjà bien rempli. De là à dire que 2018 sera fastueuse ? La Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et les parties prenantes du secteur n’iront pas jusque-là, car la crise a été longue et éprouvante. Toutefois, la page semble bel et bien tournée. Tous les acteurs ou presque ont d’ailleurs retrouvé le sourire. « Les routiers sont confiants, les génie civilistes aussi, les canalisateurs vont mieux et attendent beaucoup des Assises de l’eau », constate Bruno Cavagné, président de la FNTP. Si la reprise a eu du mal à s’installer en 2017 (+ 2,5 % d’activité estimés), elle devrait être bien plus franche en 2018 : la profession table sur une croissance de 4 %.

Les collectivités locales réinvestissent

Pour commencer, les collectivités locales retrouvent le chemin de l’investissement. Selon les derniers résultats du baromètre « Le Moniteur » – FNTP (voir ci-contre) , elles sont plus nombreuses que l’an passé à prévoir des hausses de dépenses en infrastructures. C’est notamment le cas de 38 % des intercommunalités (+ 15 points en un an). Après une année consacrée à leur réorganisation pour absorber de nombreuses fusions, l’heure est désormais aux projets. Les communes, elles, se montrent plus prudentes : 22 % d’entre elles envisagent une augmentation de ces dépenses. Mais l’usage et les différentes vagues de ce baromètre ont prouvé que leurs prévisions étaient souvent pessimistes. En 2017, seules 20 % envisageaient d’augmenter leurs dépenses, quand, en définitive, 35 % l’ont fait !

« Effet mi-mandat ». Les entreprises ressentent cette relance du bloc communal un peu partout sur le territoire. « Avec du retard, nous observons un petit “effet mi-mandat”, confie Paul Bazireau, président du directoire de Charier, basé en Loire-Atlantique. Des projets ressortent des cartons dans les agglomérations et les métropoles, alors que Nantes avait tout gelé entre mi-2014 et mi-2016. Un arrêt qui avait été très brutal pour les entreprises. C’est aussi le cas, de façon plus nuancée, de certaines collectivités rurales qui ont un peu de ressources, d’épargne et dont le périmètre n’a pas changé ces dernières années. » La voirie devrait en profiter, à en croire les résultats du baromètre. Elle est en effet le domaine où les prévisions d’investissement sont les plus importantes (voir infographie p. 13) . Alors, prise de conscience du vieillissement des infrastructures ou simple effet de rattrapage ? Bruno Cavagné penche plutôt pour la deuxième solution : « Les élections approchent… et la route se voit. » Les élus semblent vouloir tenter de récupérer le retard pris ces dernières années, alors que l’entretien des infrastructures et des réseaux a fait partie des premières victimes des baisses des dotations, entre 2014 et 2017.

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Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5960 du 26/01/2018
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